Un dissident de NFD dénonce Mouctar Diallo : ‘’Il se ridiculise »

Un dissident de NFD flingue Mouctar Diallo : ‘’Il a fait preuve de bassesse’’

Dissident de NFD, Hamidou Barry trouve inconcevable la position de son ex-président, Mouctar Diallo, actuel ministre de la Jeunesse, qui œuvre, comme d’autres ministres, pour la mise en place d’une nouvelle Constitution.

Dans cet entretien accordé à notre rédaction, Hamidou Barry dénonce ‘’la bassesse’’ de son ex-patron auquel il a quitté récemment.

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www.kababachir.com: M. Barry Bonjour

Hamidou Barry: Bonjour, Monsieur Barry/

En votre qualité de dissident de NFD, comment vous réagissez aux récents événements politiques, où le président de cette formation politique, Mouctar Diallo est l’un des défenseurs du projet de reforme constitutionnelle ?

Vous savez dans la vie politique on s’engage à défense des valeurs. Vu que le président actuel du parti, Mouctar Diallo ne s’inscrit pas dans cette dynamique. Etant donné que le parti avait une ligne politique déjà pré établie, il s’est démarqué de ça, de façon responsable, on s’est dit il fallait se démarquer de lui aussi.

En ce qui concerne, les images qui ont circulé montrant Mouctar Diallo avec de l’argent, je trouve ça trop ridiculisant, c’est une bassesse de sa part, parce qu’en tant qu’autorité, un ministre de la République, il doit savoir ce qu’il doit faire, il doit se comporter par rapport à beaucoup de choses. Vu tout cet état de fait, je pense que Mouctar est en train de se rabaisser davantage. Il est en train de quitter sa ligne politique, initialement établie par sa formation politique, il a viré à 100 degré pour se retrouver en bas.

Vous voulez dire que vous avez eu raison de quitter le NFD, la formation politique qu’il dirige ?

L’histoire retiendra qu’à un moment donné, il y a eu des gens responsables de ce parti qui se sont démarqués non pas pour leurs intérêts personnels, mais pour défendre l’intérêt du peuple de Guinée dans l’instauration de la démocratie dans notre pays. Il fallait vraiment qu’on se démarque, qu’on marque notre position par rapport à ce point qui constitue un recule pour la démocratie dans notre pays.

Est-ce que vous partagez l’avis selon lequel, Mouctar Diallo est le symbole ‘’d’une jeunesse corrompue et inconsciente’’ ?

Non seulement il est le symbole  d’une jeunesse corrompue et inconsciente, mais aussi c’est un jeune qui ne sait même pas d’où il vient et où il veut aller, parce que vous n’êtes pas sans savoir, que c’est aberrant et très regrettable de sa part de voir un jeune soutenir un vieillard de plus de 80 ans pour un projet d’une présidence à vie. Donc cela est regrettable, étant donné qu’on a vu par le passé les conséquences du tripatouillage de la constitution en 2001, qui nous a conduit aux douloureux événements de 2006, 2007 et 2009. On ne peut pas s’inscrire dans cette dynamique. C’est pour cette raison d’ailleurs que nous nous sommes démarqués de ce clan de Monsieur Mouctar Diallo.

Vous êtes un acteur politique, même si vous n’avez pas encore trouvé un point de chute, quelle est votre réaction sur les consultations nationales qui se poursuivent à la primature, dont la démarche vise à doter la Guinée d’une nouvelle Constitution ?

Moi je ne vois pas la nécessité pour ces consultations, sérieusement. Parce que le peuple au nom duquel les uns et les autres se prononcent et vu la position adoptée par le FNDC, qui réuni en son sein, les partis politiques et la société civile, moi je pense le Président de la République devrait avoir raison gardée et garder son sang froid pour ne pas s’aventurer dans une dynamique qui va ternir son image, tout simplement, parce que beaucoup de guinéens sont convaincus que ce projet n’aboutira pas. Et si certains estiment qu’il faut accompagner le Président dans cette démarche, non pas pour l’intérêt du président en personne, mais pour pérenniser leur sale besognes, qui est celui de s’enrichir illicitement au dos de l’Etat, donc du peuple, et que ceux-ci font des manœuvres du président  pour rester cramponner derrière lui soit disant qu’ils sont avec lui, alors qu’ils sont dans une autre dynamique qui n’est pas forcement de soutenir le président, c’est tuer notre jeune démocratie et ça c’est regrettable. Il faut barrer la route à ces gens-là.

Mais le Président de la République est lui-même dans cette dynamique parce qu’on l’a suivi récemment à New York où il demandait ses partisans à se préparer pour un référendum. Ça veut dire que la balle est déjà lancée .

Oui, mais vous avez vu aussi la réaction de nos compatriotes vivant aux Etats-Unis. D’autres guinéens opposés à ce projet de reforme constitutionnel ont manifesté devant son hôtel. Donc c’est vous dire qu’il est suivi à la loupe, le peuple n’est plus prêt à se laisser berner par un groupe d’individus et d’opportunistes qui sont sans foi ni loi, qui ne savent pas vraiment quelle orientation politique faut-il donner à ce pays. Sinon il y a plein de projets auxquels on devrait discuter dans ce pays, c’est le cas par exemple de la problématique de l’emploi, de la lutte contre la corruption ou bien la réalisation des infrastructures. Voyez aujourd’hui l’état de nos routes à Conakry et à l’intérieur du pays ou bien les infrastructures et les services sociaux de base se dégradent. Un peu partout on voit l’absence totale de l’Etat qui a fini par démissionner. Pour pallier à ça, moi je pensais réellement que si c’était des gouvernements sérieux on aurait dépassé ce problème qui assaille la population guinéenne et trouver une solution durable. Il fallait donc s’occuper de ça que d’œuvrer un tripatouillage de la constitution qui va engendrer des situations non souhaitable et faire la promotion d’un vieillard de plus de 80 ans. Donc cela est regrettable et il faudrait que les promoteurs de ce projet reviennent à des meilleurs sentiments et œuvrer dans le sens de l’apaisement et la promotion de notre jeune démocratie.

Depuis votre départ de NFD, est-ce que vous avez trouvé un point de chute ou bien vous voulez créer votre propre formation politique ?

Nous sommes en train de travailler à l’interne et au moment venu, je pense que nous viendrons vers vous pour vous édifier.

Est-ce que vous êtes membres du FNDC ?

Dans l’idéal, je dirai oui, parce que tout guinéen qui s’inscrit dans la dynamique de lutter contre le tripatouillage de la Constitution se retrouve de facto dans cette entité, le FNDC. Mais cela ne veut pas dire qu’après notre démission, nous allons rester bras croisés. Nous allons travailler en long et en large pour barrer la route aux manœuvres tendant piétiner notre jeune démocratie. Nous, la jeunesse responsable, nous allons travailler afin que le flambeau de la jeunesse soit redoré en vue de permettre d’aller vers un changement qualitatif, quantitatif et responsable, où la jeunesse aura sa place et offrir enfin un ouf de  soulagement à la population guinéenne.

Les élections législatives sont annoncées pour le 28 décembre, mais les acteurs politiques restent divisés sur cette date

Cela dénote une preuve suffisante que les institutions en charges des affaires électorales sont manipulées par le pouvoir exécutif. Sinon je ne vois pas comment est-ce que le président de la République peut donner des injonctions à la CENI, qui est une structure indépendante qui doit organiser des élections. Et si on voit qu’avec cette CENI, a une partie prise, cela va nous donner une méfiance avant de s’engager à une quelconque aventure électorale.

La CENI dit être prête pour respecter le rendez-vous électoral

Mais si les gens pour lesquels les élections vont être organisées, disent qu’ils ne sont pas prêts, je pense que la CENI doit revenir à la raison et à des meilleurs sentiments. A partir du moment où les acteurs politiques de l’opposition ne sont pas prêts, surtout il y a aussi beaucoup de manquement, la CENI devrait revoir son agenda. A ce jour, L’opérateur local n’est pas encore connu, il y a un doublon de plus de 1 500 000 électeurs qui se trouvent dans ce fichier là, il y a plein de problèmes dans ce fichier. Donc, il ne faudrait pas qu’on aille dans ces élections sans pouvoir résoudre les problèmes à l’interne. En tant qu’acteur, il faut qu’on travaille à l’interne pour qu’on aille à des élections crédibles.

Des nombreux guinéens critiquent le report des festivités du 61ème anniversaire de notre indépendance, initialement prévu à Kindia. Est-ce que vous partager cet avis ?

 C’est vraiment décevant et ce n’est pas une première fois. Ces gouvernants sont là juste pour leur sale besogne. Sinon une fête de l’indépendance se prépare à l’avance. Après douze mois, on attend à la veille pour annoncer un report. C’est pour toutes ces raisons que je lance un appel à toute la population guinéenne, de bien réfléchir avant d’agir. Cela dénote l’irresponsabilité de ceux qui nous gouverne, parce qu’on ne peut pas comprendre Conakry-Kindia, un trajet de moins de 137 km, il faut faire  heures de route. Ils devraient plutôt penser à résoudre la problématique de l’emploi, des infrastructures routières, de la promotion des droits de l’homme et de la démocratie.

Est-ce que vous comprenez un peu les jeunes leaders qui ont accepté de répondre à l’invitation du Premier ministre, dans le cadre des consultations nationales au lieu d’opter pour la politique de la chaise vide ?

Très honnêtement, moi je ne vois pas l’inconvénient de dialoguer. Mais aller à un dialogue et  revenir vraiment et tirer les conclusions d’un dialogue n’est pas à condamner. Nous sommes dans un Etat de droit, et l’état de droit symbolisé aussi  par le dialogue et la concertation. Donc on ne peut pas les condamner par rapport à leur présence à la primature. Mais les condamner dans le cas où ils allaient cautionner le tripatouillage de la Constitution. 

On ne peut pas non plus dire que ceux qui ont refusé de répondre à l’invitation aussi ont failli.  En démocratie chacun est responsable des actes posés. Ceux qui ont estimé qu’il fallait échanger avec le Premier ministre et ceux qui ont pensé que ce n’était pas le moment, on ne peut pas leur condamner. Chacun a sa raison. Mais l’idéal commun, est qu’on dise non au tripatouillage de la constitution.

Votre mot de la fin

Mon dernier mot à l’endroit des acteurs politiques dont leurs leaders sont en train d’œuvrer pour un tripatouillage de la Constitution, c’est de leur demander de se démarquer totalement. A un moment donné, on est appelé à répondre face aux défis qui nous interpellent vis-à-vis de la nation. C’est pourquoi, il faudrait que la jeunesse guinéenne se retrouve et reste une et indivisible. Maitre Wade disait dans un de ses bouquins, qu’il préfère une jeunesse motivée, engagée derrière lui que des milliards investis de l’étranger parce que la volonté de la jeunesse sera en quelque sorte, la volonté de la nation toute entière du fait qu’elle représente l’avenir.

Entretien réalisé par Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

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