Un guéri de COVID-19 se confie : « Quand on est malade, c’est vers le médecin qu’il faut aller »

Sorti guéri du Coronavirus, Mamadou Aliou Souaré, qui a séjourné pendant un mois au Centre de traitement Epidémologique (CTE) de Donka s’est confié à notre rédaction.

Ce jeune Entrepreneur qui avait été hospitalisé avec sa fille de 10 ans et son garçon de 5 ans, tous déclarés guéris du COVID-19, après avoir remercié Dieu,  s’est félicité du travail abattu du personnel soignant qui s’est investi activement, malgré les maigres moyens, pour contre ce virus maudit qui continue à endeuiller de nombreuses familles dans le monde.

  Monsieur Souaré explique comment il a été informé qu’il est atteint de COVID-19 :

« Pour un début j’étais animé d’un sentiment de peur vu ce que les gens racontaient dans les quartiers. Quand j’ai senti la maladie, je suis allé faire le test. Après le résultat, je suis directement admis au Centre de traitement de Donka.

J’avoue que quand je suis rentré dans le centre, j’avais un sentiment de peur. Quand je suis arrivé, on s’est occupé de moi et la première nuit, la peur avait commencé à me quitter parce que j’avais commencé à vivre la réalité des choses, je voyais d’autres malades qui sont là, pas comme on le croyait. Au fur et à mesure, je me suis habitué du milieu, le traitement s’est bien passé, malgré les maigres moyens de l’ANSS. Vraiment, il faut reconnaitre que les agents de santé qui sont là, ils font de leur mieux. Malgré les maigres moyens qu’ils disposent, nous avons été bien accueillis et bien traités par le personnel de santé. Nous leur remercions infiniment pour cette disponibilité et ce professionnalisme. »

Face au doute qui s’installe dans la cité où beaucoup de guinéens ne croient pas au bilan annoncé par l’ANSS, Aliou Souaré parle d’une crise de confiance entre les citoyens et les autorités sanitaires

 « Il y a une désinformation qui circule. Les gens sont très mal informés. Je ne sais pas si c’est l’agence nationale de la sécurité sanitaire qui communique mal ou bien si ce sont les gens qui ne comprennent pas.  Il y a un manque de confiance qui fait que les gens ne croient pas aux informations de l’ANSS parce que moi, jusqu’au moment où je vous parle, j’ai vécu avec des gens depuis mon retour qui continuent à ne pas croire cette maladie ou ces informations de l’ANSS. », regrette de guéri de COVID-19.

S’agissant des conditions d’accueil et de dépistage des patients qui séjournent au CTE, M. Souaré dénonce des failles

« Au fur et à mesure que le temps passe, la situation se dégrade, parce que du point de vue place, ils sont débordés parce que tout récemment, il y avait un manque de places. Ensuite, au niveau des tests, il y a une confusion totale. D’abord il y a retard dans la publication des résultats, ensuite il y a des erreurs, parfois au niveau des adresses parfois, on confond les résultats entre les patients, moi-même j’en ai été victime, parce que j’ai été déclaré guéri, au moment où je m’apprêtait à sortir on m’a appelé pour dire que je suis légèrement positif. Après je suis retourné,  il s’est avéré que c’était une erreur de lecture. Celui qui lisait m’a confondu à un autre patient. 

Pour ce qui est de la nourriture offerte aux patients, j’avoue qu’au moment où je venais par rapport à ma sortie, les choses n’étaient pas les mêmes. Il y a eu quand même une certaine dégradation par rapport à la qualité des aliments, à la quantité et le respect des heures de repas, parce que tous les malades doivent prendre leur repas le matin. D’habitude ils venaient à 7 h pour prendre le petit déjeuner afin de pouvoir prendre les médicaments, mais vers la fin on pouvait rester jusqu’à 9 h sans avoir le petit déjeuner, la journée et le soir la même chose. »  

Satisfait d’avoir été parmi les guéris de COVID-19, Mamadou Aliou Souaré, qui dit ne pas être victime de stigmatisation de la part de son entourage,  a un message fort à ses proches, ses amis, ses voisins, au corps médical, mais aussi à la population guinéenne dans son ensemble.

« D’abord j’ai un sentiment de reconnaissance envers mes proches, mes parents, mes voisins, mes connaissances.

Contrairement à d’autres qui se plaignent de stigmatisation à leur retour du traitement, je suis bien accueilli dans le quartier, dans la famille. C’est pourquoi j’ai un sentiment de satisfaction totale. J’ai bénéficié d’un soutien sans faille quand j’étais à l’hôpital et à ma sortie, c’est la même chose qui continue, ce soutien moralement, financièrement, matériellement. Et c’est le même soutien qui continue. Les gens ont eu un sentiment de compassion pour moi. Et je n’ai pas rencontré un seul cas de stigmatisation.

Par rapport à ces personnes qui présentent des signes ou des doutes d’avoir la maladie, je leur conseillerai d’aller immédiatement faire le test et s’ils sont révélés positifs de ne pas hésiter d’aller vers les centres de traitement, parce que quand tu es malade, c’est vers le médecin que tu vas aller pas au marché. Si tu as un espoir de guérir c’est avec le médecin. Avec cette maladie, il n’ya pas d’autres adresses que le Centre de traitement. C’est eux qui sont habilités à le faire et ils ont les moyens de le faire. Et je pense qu’ils sont en train de faire de leur mieux par rapport aux maigres moyens qu’ils disposent.

Pour terminer,  je voudrais passer un message de remerciement à tout ce monde que je viens d’énumérer, c’est-à-dire, les amis, les voisins, les médecins, notre concessionnaire, ma famille qui a été le premier soutien que j’ai bénéficié. A travers votre micro, je voudrais une nouvelle fois renouveler mes sincères remerciements à tous ceux qui m’ont apporté  leur soutien pendant cette épreuve. »

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

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