Un ministre victime des policiers, 6 millions emportés !

Plus de 6 millions GNF et deux téléphones empochés. Des agents de la Compagnie Mobile d’Intervention et de Sécurité (CMIS), à travers certains de ses policiers sont tombés, le vendredi 23 octobre, aux environs de 14 heures à Bambéto, sur le directeur administratif, financier et commercial du groupe de presse L’Indépendant/Le Démocrate, Mamadou Aliou Diakité. Un employé du ministre des Transports Aboubacar Sylla.

Il aura fallu certainement être victime aujourd’hui du banditisme des policiers, afin de pouvoir – enfin – croire aux exactions, des forces de défense et de sécurité, déployées sur l’Axe, en temps de crises, voire en temps normal.

La victime raconte sa mésaventure chez nos confrères d’objectif224.com:

«Je remontais vers le rond-point de Bambeto. Voyant la circulation barricadée, j’ai décidé de passer vers une route qui longe les deux grands étages qu’on appelle ‘’les Jumeaux’’. A distance, j’ai aperçu des policiers de la CMIS arrêtés et d’autres assis sur la devanture des premiers magasins après la cour des tours jumelles en remontant vers le rondpoint de Bambeto. J’étais même content d’aller vers eux, parce que je me disais que là je serais plus en sécurité. Ils étaient près d’une vingtaine dont trois se sont détachés pour m’accueillir. Deux me pointèrent leurs fusils et l’autre sans arme en main m’intima de garer ma moto. Quand je me suis garé. J’ai sorti de ma poche le macaron qui m’a été remis par l’AGEPI à travers la HAC. Je leur ai brandi le macaron tout en leur disant que c’est la presse et tout en leur remettant mes autres pièces. Ils voulaient reculer mais un de leurs chefs leur a fait signe alors. L’agent sans arme insulta la mère de la presse en langue soussou. Quant à moi, à ma grande surprise, ils m’ont dit de garer ma moto, je l’ai garée. Ils sont venus vers moi. Il me dit d’éteindre et de descendre de la moto et de lui remettre mes téléphones et de vider mes poches tout en me donnant des coups de poing. E il prit la clef de la moto. Je leur ai dit que c’est le journal ‘’L’indépendant’’.

Ensuite il me dit d’ouvrir mon sac. Et dès que je l’ai ouvert, en voyant l’argent, il y plongea vigoureusement sa main et prit l’argent. Dans le sac, j’avais une somme de plus de 6 millions de francs guinéens. J’ai voulu leur faire comprendre que j’étais de la presse, ils m’ont dit qu’ils s’en fichent. Et comme ils ont vu l’argent, ils ont pris l’argent et mes téléphones. Il prit deux grosses pierres, me cogna avec une au dos, l’autre m’a raté et me dit ‘’va-t’en avant que je te démolisse’’. Ils m’ont laissé partir. Ils ont même failli me prendre ma moto. Heureusement, il y a un qui a dit, ‘’non laissons-le partir avec la moto’’. Il y avait leur chef à côté. Ce dernier n’a rien dit.

Après cela, j’ai continué devant. J’ai voulu confier ma moto pour me retourner voir si je pourrai négocier avec eux, mais les gens m’ont fait comprendre que ce n’était pas la peine. Qu’actuellement, ce sont des gens qui n’hésitent pas à tirer sur quelqu’un. Cependant la troupe me suivait des yeux… Dieu merci, moi ils ne m’ont pas fait de mal. Ils m’ont juste pris mon téléphone et l’argent. Alors finalement, j’ai cherché à avoir le numéro du colonel Thiam avec un de mes jeunes frères. Quant au Colonel Thiam, lorsque je l’ai appelé, il a nié. Il m’a dit que ce n’est pas vrai, que lui depuis 5 heures, il est là-bas et il n’a pas vu ça. Je suis reparti là-bas, on s’est vu et ça aussi ça n’a pas été facile parce qu’il a fallu que j’attende un long moment. J’ai tout fait pour lui faire comprendre ma situation, il n’a pas voulu.

J’étais avec mon jeune frère, j’ai fait signe à ce dernier de me suivre pour que je lui montre l’endroit où ils m’ont braqué et éventuellement si nous pourrons retrouver mes puces parce que tous mes trois numéros sont injoignables…Et effectivement, nous avons trouvé deux puces sur les lieux. Mon jeune frère est parti montrer les puces au colonel Thiam et ce dernier intima qu’il sait qu’il y en a parmi les agents de la CMIS qui peuvent faire pire que ça… Mais quand nous sommes arrivés à la maison ; nous avons mis les puces dans un téléphone… Les puces n’étaient pas les miennes, elles appartiennent à un jeune qui subit le même sort que moi. Finalement, j’étais obligé de laisser tomber », a-t-il confié.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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