Une mission de MAEP en séjour de travail à Conakry : La question de l’adhésion de la Guinée en débat…

Une mission de sensibilisation du Mécanisme Africain d’Évaluation par les Pairs (MAEP) est depuis dimanche est en séjour de travail à Conakry.

Cette mission des émissaires de l’Union Africaine, composée du Professeur Eddy MALOKA, Directeur Général de  MAEP  et de Dr Valéry Yao Yao, Assistant Chercheur, a été conduite par le Chargé d’Affaire de l’Ambassade de la Guinée à Addis-Abeba (Ethiopie), SEM Nounké Kaba,

Cette mission mettra son séjour à profit pour sensibiliser  les autorités guinéennes à adhérer au sein de cette structure, rattachée au Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine.

Mardi, la mission de MAEP a été reçue par le Ministre des Affaires Etrangères, dans les locaux de son département.

Les échanges entre Dr Morissanda Kouyaté  et les émissaires de l’Union Africaine ont porté essentiellement sur la question de l’adhésion de la Guinée à cette structure de l’Union Africaine ainsi que les opportunités qui s’offrent à notre pays dans un contexte de mondialisation.

La mission de MAEP  qui poursuit son séjour de travail en Guinée, devrait rencontrer le Président du CNT, Dr. Dansa Kourouma, les Présidents de la Cour Suprême, Cour des Comptes et du Procureur Général de la République, avant d’être reçue par Premier Ministre, Chef du Gouvernement et le Président de la Transition, Colonel Mamadi DOUMBOUYA.

Avant de quitter Conakry, les émissaires de l’Union Africaine tiendront une réunion de sensibilisation élargie aux Départements ministériels clés, notamment les ministères des Affaires Étrangères, le Ministre Secrétaire Général de la présidence de la République, Économie, Finances, Justice, Administration du Territoire et de la décentralisation.

La mission devra également rencontrer des acteurs de la société civile, du Patronat (la Chambre de Commerce et d’Industrie, la société civile, les associations des jeunes et des femmes) avant d’effectuer une visite à la Commission des Droits de l’homme et de tenir des réunions avec les représentants des partis politiques et des partenaires au développement (PNUD, l’UE, etc).

Le Chef de la Diplomatie guinéenne, Dr Morissanda Kouyaté et le Professeur Eddy MALOKA, Directeur Général de  MAEP  lors d’une rencontre ce 04 octobre à Conakry

En quoi consiste  le MAEP et quel avantage la Guinée pourrait-elle tirer en adhérant à cette structure de l’Union Africaine ?

Le Mécanisme Africain d’Évaluation par les Pairs (MAEP) a été créé lors du 6ème sommet  du Comité des Chefs d’Etats et de Gouvernement chargé de la mise en œuvre  du NEPAD le 09  mars 2003 à Abuja au Nigéria, pour servir d’instrument de promotion de la bonne gouvernance en Afrique.

C’est est un instrument auquel adhérent volontairement les Etats membres de l’Union africaine en tant que mécanisme africain d’auto-évaluation.

Son objectif fondamental est d’encourager l’adoption de politiques, normes et pratiques en vue de promouvoir la stabilité politique, une croissance économique élevée, un développement durable et une intégration économique sous-régionale et continentale accélérée grâce au partage des expériences et au renforcement des meilleures pratiques et des acquis, y compris l’identification des lacunes et l’évaluation des besoins dans le domaine du renforcement des capacités.

Cette mission de MAEP à Conakry intervient à quelques mois du 20ème anniversaire de l’organisation prévu en 2023.

A date, l’organisation compte 42 pays adhérents sur l’ensemble du continent Africain. Mais à la veille du 20 ème anniversaire, le MAEP compte faire adhérer tous les pays Africains d’où la raison de la mission à Conakry, mandatée par le Président Léonais, qui assure actuellement la présidence tournante du Forum des Chefs d’Etats.  

Pour rappel, au cours de ses 19 années d’existence, le MAEP a accompli des progrès remarquables, passant de six pays membres  en 2003 à 40 actuellement. La République Démocratiques du Congo (RDC) et le Burundi sont les deux derniers pays à signer leur adhésion au mécanisme lors des 30ème  et 31ème Forum virtuels des Chefs d’Etat et de Gouvernement du   MAEP  tenus respectivement  le 25 mars 2021 et 4 février 2022.

Le Mécanisme a consenti des efforts considérables pour exécuter son mandat principal, qui consiste à évaluer l’état de la gouvernance dans ses Etats membres. A ce  jour, le MAEP a réalisé avec succès 26 rapports d’évaluation pays, dont 25 ont été évalués par les pairs au niveau du Forum des Chefs d’Etat et de gouvernement du  MAEP. Il convient de noter qu’à la date de février 2022, cinq Etats membres notamment le Kenya, l’Ouganda, le Mozambique, le Nigéria et l’Afrique du Sud avaient  effectué leur évaluation de deuxième génération.

Malgré ces progrès, beaucoup reste encore à faire pour parvenir à l’adhésion de tous les Etats membres de l’Union Africaine (UA) au MAEP d’ici 2023. Dans sa quête constante d’une bonne gouvernance à tous les niveaux en Afrique, la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement  de l’UA a élargi le mandat du MAIEP à de nouvelles missions.

Lors de la 28ème  session ordinaire de la Conférence de l’UA qui s’est tenue du 30 au 31 janvier 2017 à  Addis-Abeba (Ethiopie), les chefs d’Etat et de Gouvernement  ont adopté la Décision Assembly/AU/Dec.631(XXVIII) confiant au MAEP  le rôle de « Suivi et d’évaluation de l’Agenda  2063 de l’Union Africaine et du Programme des Nations Unies pour le développement durable à l’horizon 2030 (ODD)».

A sa 30ème Session Ordinaire de janvier 2018, la Conférence de l’UA, par Decision Assembly /AU/Dec.686 (XXX), a accueilli favorablement « les mesures prises pour faire du MAEP un outil d’alerte précoce et de prévention des conflits sur le continent, en harmonie et en synergie avec l’Architecture de paix et de sécurité  (APSA)et l’Architecture africaine de gouvernance (AGA).




Dr Morissanda Kouyaté reçoit la mission de MAEP, à sa gauche, le SG Kabélé Soumah, à sa droite Professeur Eddy MALOKA, Directeur Général de  MAEP, suivi de M. Nounké Kaba, Chargé d’Affaires à l’Ambassade de la Guinée à Addis Abeba, tous entourés par les membres du Cabinet

Il est important de signaler que le MAEP s’est également vu confier   la mission d’amener tous les Etats membres de l’UA à adhérer le Mécanisme     d’ici 2023.

Au cours des quatre dernières années, six pays ont rejoint le  Mécanisme en conséquence directe de la mise en œuvre du projet d’accession universelle. Pour réaliser ses objectifs, le MAEP  envisage la mise en place d’une plateforme en vue d’une plus grande sensibilisation aux avantages de l’adhésion au  MAEP.

C’est dans ce contexte que le Secrétariat continental a organisé un atelier de l’adhésion universelle au MAEP, le 22 juin 2022 à Kinshassa (RDC).

Comment se passe le processus d’évaluation ?

Dans un document de base consulté par notre rédaction, il est clairement indiqué que la lors de l’adhésion formelle au processus d’évaluation entre pairs, chaque Etat doit élaborer clairement un programme d’action assorti d’un

calendrier précis pour la mise en œuvre de la Déclaration sur la gouvernance

démocratique, politique, économique et des entreprises, y compris les

évaluations périodiques.

A ce propos, il y aura quatre types d’évaluation : La première évaluation effectuée dans un pays est l’évaluation de base qui se fait dans les dix-huit mois suivant d’adhésion d’un pays au processus du MAEP ;

Ensuite il y a des évaluations périodiques qui se font tous les deux ou quatre ans.

Plus loin il est à préciser qu’un pays membre peut, pour des raisons personnelles, demander une évaluation n’entrant pas dans le cadre des évaluations périodiques normalement prévues ;

Toutefois, des signes précoces d’une crise politique et économique persistante dans un Etat membre sont aussi un motif suffisant pour entreprendre une évaluation. Les Chefs d’Etat et de gouvernement des Etats parties pourraient demander une telle évaluation dans le souci d’aider le gouvernement concerné.

Ceci dit, le processus est axé sur l’évaluation périodique des politiques et pratiques des Etats parties pour s’assurer des progrès enregistrés dans la réalisation des objectifs convenus et du respect des valeurs de la gouvernance politique, économique et des entreprises, ainsi que des codes et normes de la Déclaration sur la gouvernance démocratique, politique, économique et des entreprises.

Étant entendu que le processus d’évaluation entre pairs amènera les pays à analyser sérieusement l’impact des politiques nationales non seulement sur la stabilité politique et la croissance économique dans chaque pays, mais également dans les pays voisins. Il encouragera l’obligation mutuelle de rendre compte et la réplique des meilleures pratiques.

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

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