Une petite démonstration de force du SLECG, l’Etat recule : Pourquoi Yéro Baldé a finalement cédé ?


Après une journée mouvementée mercredi, première journée d’une grève générale et illimitée déclenchée par le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG), le gouvernement est revenu à des meilleurs sentiments.

Le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, qui constituait un point de blocage, face à l’épineuse question de recensement des enseignants au niveau de l’enseignement supérieur,  a vite cédé et  un accord est trouvé. Une situation qui a permis au SLECG de suspendre le mot d’ordre de grève, qui avait tendance à prendre une ampleur à Conakry et qui pouvait banalement se transporter dans les villes de l’intérieur du pays.

Cette suspension des enseignants, intervient après un accord avec le ministre de l’Enseignement supérieur Abdoulaye Yéro Baldé. « Le ministre autorise dorénavant l’élargissement des opérations de recensement dans les institutions d’enseignement supérieur par la commission tripartite Gouvernement-USTG-SLECG, le rétablissement dès la rentrée prochaine des enseignants demis ou mutés pour fait de grève ce, conformément au protocole d’accord signé le 10 janvier dernier », a indiqué le secrétaire général du SLECG Aboubacar Soumah, qui annonce la reprise effective des cours  pour ce vendredi 12 avril 2019. 

Pourquoi le ministre Yéro Baldé a fini par céder à la pression des syndicalistes ?

A peine qu’elle venait d’être déclenchée la grève avait tendance à s’amplifier. Des jeunes élèves, en majorité des collégiens, ont vite occupé les rues, notamment à Kaloum, mais dans les autres communes de Conakry, scandant des propos hostiles au régime en place, annonçant même leur opposition farouche à un projet de 3ème mandant pour Alpha Condé.

Face à la pression qui risquait de prendre une tournure politique en cette période où la question d’un projet de nouvelle Constitution, pour le maintien au pouvoir d’Alpha Condé, au delà de son mandat constitutionnel, fait débat en Guinée, le ministre Yéro Baldé a fini par être solidaire du gouvernement, procédant ainsi au déblocage sur cette question.

En tout état de cause, le SLECG, qui ne s’est pas laissé intimider, aura joué son rôle pour faire plier le gouvernement et exiger le respect de l’accord du 10 janvier 2019.

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