Unités de gestion de projets : comment repenser le recrutement

Un neveu, une nièce, un recommandé du ministre, de la Présidence, de la Primature, de la Cour suprême, etc. Il a la baraka. Il est soutenu par un bras long comme on le dit souvent au pays. Le test de recrutement est pour lui une simple formalité. La méritocratie a décampé. La médiocrité a droit de cité. Tant dans les instances publiques que semi publiques, voire dans certaines structures privées comme les sociétés minières.

Le diplôme et l’expérience comptent peu pour certains postes. Les diplômés sans emploi déposent leur candidature. Certains, bien que le dossier soit costaud, ne sont même pas appelés pour une première sélection sur dossier. Souvent venus par la petite porte, ces genres de cadres (en bois) ne facilitent jamais la bonne marche où ils sont recrutés par complaisance. Nombreuses structures en Guinée fonctionnent comme cela. On mobilise des recommandés et on veut aller loin avec des résultats. Une pure illusion.

Cette situation est parvenue à Alpha Condé. Lui-même s’en fou de ma méritocratie mais a invité le gouvernement « à veiller à la qualité du recrutement des membres des unités de gestion de projets au niveau des différents départements ministériels. » Il oublie que ce sont les amis et proches du ministre d’abord, du Chef de cabinet ensuite et du secrétaire général qui trouvent des postes. Quand il y a des postes à pourvoir, des postes pour les seconds couteaux, on les attribue aux autres méritants, au nom de l’équilibre.

C’est pourquoi tous les projets et programmes financés par les bailleurs de fonds débutent bien mais halètent après, faute de visibilités due notamment au manque de résultats. Malheureusement, Alpha Condé est mal placé pour donner des leçons de recrutement à ses ministres.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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