Urgence sanitaire : la chicote pour endiguer le virus ?

Urgence sanitaire : la chicote pour endiguer le virus ?

Entré en vigueur depuis le 27 mars 2020, l’état d’urgence sanitaire décrété par le président de la République est globalement foulé au sol, au regard d’un constat général rapporté ici et là à travers la capitale. Très vite, le Bloc libéral dénonce : « les mesures annoncées par Monsieur Alpha Condé sont d’une grande légèreté et sont le reflet du mépris de la vie humaine avec lequel il banalise la pandémie depuis la manifestation du premier cas en Guinée. »

Et pour donner raison à l’opposant, le gouvernement a lui-même déploré le fait : « Il est malheureusement constaté que certaines de ces mesures ainsi que celles qui étaient déjà en vigueur ne sont pas systématiquement respectées », peut-on lire dans un communiqué. Le gouvernement estime au passage que « le non-respect desdites mesures constitue une mise en danger de la vie d’autrui », en rappelant« qu’au terme du Code de Santé Publique et du Code Pénal, quiconque, par sa conduite, facilite la communication d’une maladie contagieuse et dangereuse s’expose à des poursuites judiciaires. »

Un activiste de la société civile suggère dans la presse locale qu’il faut faire usage de la chicote. « Je voudrais inviter M. le ministre de la sécurité d’utiliser un autre corps de la police, qui est la CMIS, qui ne vient pas pour contrôler la circulation, mais le contenu des véhicules. Lorsque la mesure n’est pas respectée, il y’a deux choses : C’est la dernière personne qui est montée parce qu’il a vu avant de monter, et le chauffeur qu’il faut extirper du véhicule et les sonner normalement », dira Mohamed Ansa Diawara.

Cette démarche doit être certainement appréciée par certains mais, pour d’autres, la complaisance de l’Etat en est pour beaucoup. Pour preuve, l’ANSS de Dr Sakoba a dénoncé l’évasion de quelque 300 agents à la contagion très probable. Mais, jusqu’à présent, ils sont dans la nature et aucune action n’est attentée contre eux, afin de réduire la chaine de contagion. Il est donc question de régler cette faille avant de prendre une chicote contre des contrevenants qui ne sont en réalité que des victimes d’une gouvernance hasardeuse.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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