URTELGUI : Une association vendue au pouvoir ?

De la part du nouveau leadership de l’Union des radios et télévisions libres de Guinée (URTELGUI), les soupçons d’accointance avec le pouvoir en place sont-ils en train d’être confirmés ?

C’est désormais la question qui se pose après la déclaration équivoque que cette organisation a sortie suite à la condamnation dont notre confère Bouya Kébé a fait les frais de la part du TPI de Kankan, mais aussi en raison du retard que la même organisation a accusé dans la signature de la déclaration conjointe résultant de l’agression dont Abdoul Malick Diallo, du journal Le populaire, a été victime de la part de la garde rapprochée du président Alpha Condé.

Dans la déclaration relative à la condamnation du journaliste de Milo FM, hormis le retard avec lequel elle a été publiée et sa complaisance évidente vis-à-vis des menaces contre la liberté de la presse, l’URTELGUI semble même charger la victime qu’est Bouya Kébé. En effet, est-il écrit : « L’URTELGUI forte de son expérience pour avoir déjà vécu des cas similaires, invite tous les journalistes issus des radios et télévisions membres de l’union à faire davantage preuve de responsabilité et de professionnalisme dans la conduite de leurs différentes émissions surtout celles interactives ». De la part d’une organisation qui se prétend défendre les journalises, la recommandation a quelque chose de paradoxal.

Mais peut-être que cette attitude n’est pas si paradoxale que cela. Car après cette déclaration, l’association vient, au sujet de l’agression dont Abdoul Malick Diallo a été l’objet le samedi dernier au siège du RPG-arc-en-ciel, de briller par son absence. Toutes les rédactions ont reçu hier une déclaration signée seulement de l’AGEPI (Association guinéenne des éditeurs de la presse indépendante) et de l’AGUIPEL (Association guinéenne de la presse en ligne). Pourtant, le projet avait été transmis aux trois organismes car la démarche devait initialement être collective.

Par ailleurs, tous ces agissements qui laissent craindre une certaine connivence entre l’instance faitière des médias audio-visuels en Guinée confortent des soupçons plus ou moins ressentis quand, au lendemain de la nomination des membres actuels du gouvernement, le nouveau patron de l’URTELGUI, Sanou Kerfalla Cissé, était passé d’un ministère à l’autre pour, disait-il, leur serrer la main et les féliciter.

Systématiquement, il publiait les images accompagnées de ses commentaires sur les réseaux sociaux. De même, avec le rôle de mobilisateur-propagandiste qu’il s’était donné à l’occasion du retour de Tibou Camara, réconcilié avec Alpha Condé, les signaux étaient plutôt donnés.

Anna Diakité, www.kababachir.com

 

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