Vacance du pouvoir : le faux argument du RPG !

Pour faire avaler des couleuvres aux bailleurs de fonds mais surtout distraire l’opposition, le RPG évoque la vacance du pouvoir. Le géniteur de cette donne infeste : Saliou Bella Diallo. Durant près d’une dizaine de jours en effet, ce transfuge de l’UFDG, après avoir bien assimilé les manœuvres du pouvoir et d’Alpha Condé, multiplie les sorties médiatiques. Sans jamais convaincre.

Aujourd’hui, après la date fixée par la Ceni pour le 11 octobre, il revient à la charge pour justifier : «Entre les présidentielles et les élections communales, on ne peut choisir que les présidentielles. Puisque si les présidentielles ne sont pas organisées, c’est la vacance du pouvoir, le changement de régime, ce sont les militaires qui vont revenir aux affaires. On ne parlera plus d’élections communales ou présidentielles. Ce sera une discussion pour la formation d’un gouvernement d’union nationale.» Auparavant, il accusait l’opposition : « L’opposition veut tout faire pour qu’il n’y ait pas d’élections et qu’on dise qu’il y a vacance de pouvoir. Mais, elle se trompe lamentablement. Car, ces élections auront lieu et le Président Alpha Condé passera dès le premier tour.» Une vraie fausse trouille en somme qui amuse plus qu’elle n’émeuve.

Il reste que les dispositions du code électoral sont loin de jouer en faveur d’un scrutin apaisé. L’article 179 indique que le scrutin pour l’élection du Président de la République doit avoir lieu 90 jours au plus et 60 jours au moins avant la date de l’expiration du mandat du Président de la République en fonction. Ce qui veut dire que le nom du successeur de l’actuel locataire de Sékhoutouréya doit être connu vers le 20 septembre. « Cela suppose que le scrutin du premier tour de cette élection présidentielle a eu lieu le 11 août 2015 au plus tard, en tenant compte des dispositions combinées des articles 182 et 183 du code électoral guinéen qui donnent à la CENI et à la Cour Constitutionnelle 11 jours au total pour proclamer le résultat du scrutin. Ce qui conduit au 27 août pour la proclamation des résultats définitifs du premier tour. » Partant, selon l’article 178, la campagne électorale pour le premier tour de ce scrutin doit être ouverte au plus tard le 12 juillet. Selon un analyste, « S’il faut connaître les candidats 39 jours avant le premier tour du scrutin, la Cour constitutionnelle doit arrêter et publier cette liste vers le 3 juin. Cela sous-entend que la distribution des cartes d’électeurs doit débuter au plus tard le 28 mai quand les opérations de révision des listes électorales ont été clôturées le 14 avril. »

Aujourd’hui, la mouvance salue ce qu’elle appelle « une décision responsable » de la Ceni. Pouvait-il en être autrement ?

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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