VERS LE 1ER MAI : Les syndicalistes divisés

(Pas d’objet)

Boubacar – journaliste Barry

02:57

À : Nouvelles Kaba, Abdoul Wahab Barry

VERS LE 1ER MAI : Les syndicalistes divisés

La classe ouvrière célèbre ce dimanche, la fête internationale du travail. Mais en Guinée, cela risque bien de se passer dans un contexte de division entre les principaux acteurs syndicaux. En effet, en marge d’une conférence de presse qu’ils ont organisée ce 28 avril, les membres de l’Unité d’action syndicale (composée d’une dizaine de centrales syndicales) ont une nouvelle fois dénoncé l’immixtion des autorités dans les querelles entre syndicaux qui a débouché sur la prise en compte des uns et l’exclusion des autres.

Prétendant qu’ils se retrouvent dans le camp de ceux qui ont été exclus grâce, disent-ils, à un parti pris flagrant de ministres de la République que sont Albert Damantang Camara et Sekou Kourouma, ils réclament la démission de deux hauts cadres. Par ailleurs, accusant le secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG), Amadou Diallo, de s’être illégalement emparé du titre de président du mouvement syndical guinéen, ils promettent de porter plainte contre lui.

Il faut dire que cette rivalité née d’une divergence entre Amadou Diallo et Yamoussa Touré, dans le contexte du congrès de la CNTG en 2011, n’a jamais pu trouver de solution. Fort d’une complicité tacite dont il profite de la part du pouvoir et pilotant les deux centrales syndicales les plus représentatives du pays, la CNTG et l’USTG, Amadou Diallo ne semble pas se soucier d’une quelconque réconciliation. De l’autre côté, Yamoussa Touré, faisant valoir une certaine fierté et refusant de plier, se légitime de la réunion autour de sa personne d’une dizaine de centrales satellites.

Depuis, c’est le mano-a-mano. Mais aux yeux d’une partie de l’opinion, cette insoluble rivalité est surtout l’œuvre du pouvoir qui s’en sert pour éteindre le front social. Une hypothèse qui semble plausible quand on sait que divisés comme ils sont, les syndicalistes ne peuvent pas profiter de cette fête du 1er mai pour formuler des revendications allant dans le sens de l’amélioration des conditions de vie et de travail des ouvriers. L’une des tendances, comme elle vient déjà de le commencer, est partie pour consacrer cette occasion à ses pleurs. Et l’autre, sachant qu’elle est un peu le chouchou du pouvoir n’osera pas titiller ce dernier. Tant pis pour les travailleurs.

Anna Diakité, www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.