Violences de Siguiri du 22 octobre 2010 : le triste souvenir de Mamady KABA de l’INIDH

Parmi les violences survenues à l’entre deux tours de la présidentielle de 2010, celles des 22 et 23 octobre resteront gravées dans les mémoires des victimes et défenseures des droits de l’homme. Le président de l’INIDH, institution nationale indépendante des droits humains garde encore un triste souvenir de ces évènements à caractère communautaire. « Les peuls ont été attaqués, violentés, chassés. Il y a eu morts et blessés. C’était vraiment écœurant. Nous avons eu à mener une enquête partout où il y a eu des violences. Beaucoup de personnes innocentes ont été chassées de leur terre. Parmi ceux qui ont été chassés de Siguiri par exemple, il y en a qui n’ont jamais connu la Moyenne-Guinée. Ils ne connaissent que la Haute-Guinée, ils y sont nés, ils y ont étudié, ils y travaillent… et un beau matin ils devaient retourner en Moyenne-Guinée où ils ne connaissent personne. Les amis qu’ils avaient étaient de la Haute-Guinée, la culture qu’ils avaient était de Haute-Guinée… et donc ces personnes là ont été chassées. C’était vraiment triste. J’ai moi-même été à Labé où j’ai vu ces personnes rassemblées quelque part dans la ville et qui ne savaient pas où aller. C’était l’une des pires expériences que j’ai vécu durant ma carrière de défenseur des droits humains », se remémore Mamady KABA.

Le patron de l’INIDH pointe du doigt des acteurs politiques auxquels il reproche d’être derrière les actes enregistrés notamment à Siguiri : « Il semble qu’il y avait de mains noires, des mains politiciennes derrière tout ça parce qu’il y avait des engagements pour le pouvoir, une volonté d’avoir le pouvoir par tous les moyens d’un côté comme de l’autre. Donc chacun était prêt à tout pour arriver au pouvoir. Les populations en ont été les pauvres victimes. Elles ont servi des causes qu’elles ne connaissaient pas. L’impression que j’ai eue est que les violences qui ont eu lieu à l’intérieur du pays étaient préparées. Et l’empoisonnement n’a servi que de prétexte pour les  déclencher. C’est le sentiment que j’ai eu. Et je pense que le moment viendra pour qu’on en parle avec plus de sérieux et de profondeur », a-t-il indiqué.

Faut-il noter que les violences de Siguiri avaient fait deux morts, des blessés, des milliers de déplacés et surtout occasionné une perte économique de plus de 16 milliards de francs guinéens. Sept ans après, les victimes et leurs proches continuent attendre justice.

Oumar Rafiou DIALLO, www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.