Virement bancaire : le calvaire des fonctionnaires aux guichets !

Certains, dès le 26 du mois, ils lorgnent aux guichets automatiques s’il y a du monde. D’autres débarquent dès réception du message alerte de la banque. Soudainement, les guichets sont envahis, pour l’essentiel de fonctionnaires de l’Education et de la Police. Le calvaire est tel que les guichets deviennent plus restreints et incommodants, en plus de la lenteur du service.

‘’Il n y a pas de connexion’’, est devenu l’expression lamentable la plus partagée entre impécunieux fonctionnaires. Vendredi et samedi, Kababachir.com y a fait un petit tour. Sous des averses, une petite halte dans une agence de la Bicigui, à Sangoya. Ici, des fonctionnaires s’agglutinent à la rentrée de la banque. Manteaux d’un côté, parapluies de l’autre, pour certains, habits mouillés et pantalons retroussés pour d’autres.

Le spectacle n’est pas agréable à vivre. « Les banques se foutent de nous. Elles ont notre argent et elles traînent à ouvrir, mais surtout de vite s’occuper des clients que nous sommes », peste un homme en manteau et une femme d’enchaîner : « Avec ce pauvre salaire, on souffre. Le gouvernement aurait pu virer avec Orange Money ou Mobil money. Avec ces opérations, c’est plus pratique. Il y a assez d’agences et tu ne fais pas la queue. »

A un jet de pierre de cette agence de la Bicigui, celle de la SGBG, de Kissosso. Là, le spectacle est plus désolant. Les lieux grouillent de monde. Un homme, un papier sur lequel des chiffres sont indiqués donne des tickets par ordre d’arrivée pour éviter le désordre aux guichets. C’est le coup fourré. Et subrepticement, une mauvaise nouvelle alarme toute la populace : cette agence n’ouvre pas ce samedi. « Nous on est là depuis 6h40 et c’est maintenant qu’on nous apprend qu’ils ne travaillent pas. C’est révoltant, ni affiche, ni autre message. Ils se fichent de nous », rumine une femme. Avant d’enchaîner : « Je n’ai même plus le transport retour ». Cette complainte amuse un groupe d’hommes parmi eux, un bienfaiteur : « Mme tenez, ajoutez ça à votre transport ». Et la réponse est sans équivoque : « Ajoutez ? Je n’ai même plus rien, mon frère… »

Partout au niveau des banques, c’est la même désolation. L’Etat a bancarisé presque tout le monde. Des corvées pour les uns. Mais, faute de mieux, le choix est bien difficile à faire.

 

Jeanne Fofana, Kababachir.com

 

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