Voilà les raisons pour débarquer des ministres

Cheick Sacko, Boureima Condé, le tort est acceptable. C’est peu aberrant. Mais un ministre du Travail qui est exclu dans une négociation syndicale. Cela se passe rarement sous les tropiques. L’Inspecteur du Travail aura même été plus subtil que son ministre de tutelle. Un ministre du Pré universitaire d’où est partie la grève a été tout bonnement laissé en rade. Avec des communiqués jamais suivis.

Décidément, Damantang Camara et Kalil Konaté K au carré devraient être débarqués, pour sauver à jamais les crises répétitives tant au niveau de l’Education qu’au niveau du Travail. Ces deux autres ministres se sont révélés incompétents et pyromanes. Surtout que, à en croire Alpha Condé, beaucoup de mensonges ont entouré la gestion de la crise syndicale : « Soumah, je ne savais pas. Ils sont venus mentir sur toi. C’est depuis trois jours que j’ai su la vérité.» D’aucuns diront qu’il y avait qu’à rencontrer les syndicalistes dès les départ afin d’éviter des cas de viols dans les écoles, des casses, des blessés graves et pire, des morts d’hommes. Alpha Condé a péché. Au même titre que ces ministres. Le troisième larron, MamadiYoula, l’homme chargé du dialogue social. Lui, il vient tout mélanger : tous enseignants qui ne se pointent pas en classe verra son salaire suspendu. Cette mesure a plutôt radicalisé les positions. Très vite d’ailleurs Soumah est ressorti pour rassurer : « La grève continue, n’ayez pas peur personne ne bloquera vos salaires ». Et du coup, la loyauté a continué et continue encore.

Seule évidence, l’amateurisme avec lequel la crise a été gérée par Damantang, K au carré et les résidus du SLECG – sans compter les fonds publics octroyés çà et là pour saper la crise et corrompre des enseignants – doit pousser Alpha Condé de se débarrasser de ces ministres, au même titre que MamadiYoula. Venu au dernier moment en dénonçant des mensonges de ses proches, Alpha Condé a déclaré, dépité : « L’essentiel, c’est de vous écouter et de vous dire que je ne m’ingère pas dans l’affaire syndicale. Je n’ai pas à choisir de camp. Mais c’est une question de lecture. C’est pourquoi, j’ai souhaité d’abord vous écouter et vous dire que je n’ai rien contre personne. Ils (les membres du comité de médiation) vont vous rencontrer. Et vous allez avoir l’occasion de comprendre la position du gouvernement. Mais je le dis encore, vous êtes tous des citoyens guinéens. Chaque fois que je pourrais, j’améliorerais les conditions de vie des travailleurs guinéens, notamment les jeunes. »

En attendant, le visage fermé, Soumah ne s’est pas laisser distraire : « Nos revendications sont toujours les mêmes. Et les deux premiers points restent non négociables. Dès demain (mercredi, ndlr), nous allons remonter les informations à travers les réseaux sociaux. Les messages à l’endroit des enseignants, c’est de dire toujours de se resserrer les rangs, être toujours très vigilants et continuer à observer le mot d’ordre de grève. Lorsque nous allons avoir une issue heureuse à la satisfaction des enseignants, nous ferons un communiqué suspendant la grève ou levant la grève. »

Voilà,une bien belle occasion de dégommer Damantang et Cie.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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