Voiture de plus de 8 ans : Bolloré met la pression sur gouvernement

Le gouvernement guinéen avait menacé d’interdire l’importation de toutes voitures âgées de plus de 8 ans arguant lutter contre les gaz à effet de serre. La décision a provoqué une vive levée de boucliers du secteur. Certains craignaient une pure et simple extinction de la filière. C’était sans compter sur l’ami du Président : Vincent Bolloré, propriétaire exclusif du port de Conakry.

En effet, le trafic Ro-Roa été définitivement supprimé sur les quais du terminal conventionnel le 31 octobre 2014. Ainsi en a décidé la Direction générale du port autonome de Conakry, signant du coup, l’arrêt de mort des opérateurs portuaires que sont Getma, Transco et Afrimarine, lesquels ont fait feu de tout bois pour que Bolloré n’engloutisse pas tout aux dépends des Guinéens. Mais, selon toute vraisemblance, rien ne pouvait arrêter la rapacité de Bolloré et l’appât du gain des autorités de Conakry au plus haut sommet de l’Etat.

Mais pour tenter de dissimuler le désastre, Bolloré avait fait une note technique pour préciser : « Ce n’est pas l’ensemble des activités commerciales Ro-Ro qui est concernée, mais uniquement la manutention des navires dans le cadre de la convention de concession signée en 2011 entre  la Direction du PAC, le ministre d’État en charge des travaux publics et des transports, le ministre de l’Économie et des finances et Bolloré AfricaLogistics. Les entreprises portuaires gardent toutes leurs prérogatives sur toutes les autres opérations commerciales : shipping et transit douane. »

Pourtant, si le gouvernement interdisait l’importation des voitures âgées de plus de 8 ans, c’est une filière de Bolloré qui prend un sérieux coup. Son histoire de Roro mettra la clé sous le paillasson. Or, il y a des deals faits entre le président guinéen et Bolloré. En effet, lit-on dans la presse occidentale, le 3 février 2011, Alpha Condé reçoit Vincent Bolloré et visite en sa compagnie le Port autonome de Conakry.

Cinq semaines plus tard, il résilie par décret la convention, ordonnant la réquisition manu militari des bureaux de Getma-Necotrans. Et ce, deux jours avant de confier à l’ami breton de Nicolas Sarkozy un jackpot élargi à la totalité des activités portuaires. Argument avancé : la défaillance de Getma, coupable de n’avoir engagé que le dixième des 30 millions d’euros d’investissements promis. Le 16 mars, la société ainsi délogée dépose une plainte devant le procureur de la République de Paris pour « corruption internationale ». Ses avocats accusent Bolloré d’avoir financé la campagne électorale de Condé via l’agence de communication Euro RSCG, filiale de l’empire. « Pas d’autre explication, tranche l’opposant Dalein Diallo. Alpha a voulu récompenser un ami : tu m’aides à remonter mon handicap de 18%, et le port est à toi. »

En optant donc aujourd’hui pour un rétropédalage, le gouvernement, à travers Alpha Condé, remet à flots les affaires de l’ami, le rapace des ports africains : Vincent Bolloré. Vous avez dit changement, non ? Allons donc. C’est pour dire que le désistement du gouvernement c’est beaucoup plus pour faire les yeux doux que pour soulager les autres Guinéens qui ne vivent que du transport des véhicules usagés pour Conakry.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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