Wanindara :douleur d’aujourd’hui, force de demain !

On aurait dû tout simplement titrer : Wanindara, ma douleur ! Cela sonnera bien moins. En effet, en paraphrasant Paulo Coelho,l’insupportable douleur d’aujourd’hui de Wanindara, la cataloguée, l’usée, l’abusée, la bannie, l’excommuniée, l’humiliée reste la force de demain.

Ce quartier est oublié par les priorités de l’Etat, même les promesses farfelues oublient Wanindara. Ici, les routes sont absentes et la présence outrancière des forces antiémeutes et autres corps militaires manifestement visible, en toutes saisons. Les familles sont terrorisées, des mineurs tués, des femmes battues et des pères de familles malmenés et violentés, avant d’être jetés dans un pickup et se faire spolier à des coups de centaines de GNF pour se faire libérer. Peu suffisant pour asphyxier des ménages entiers. Des policiers sont devenus les vrais voyous qui arnaquent, agressent, pillent et violentent. Et cela, jusque dans les ménages.

En guise de représailles, des jeunes excédés et révoltés barricadent les entrées ou jettent des pierres sur les hommes en uniformes mués en bandits protégés par l’Etat. Le spectacle est désolant. Mais, Bafoe est formel : «Je voudrais dire au maire de Ratoma, aux chefs de quartier que ces jours-ci, nous ferons le ratissage pour que ceux qui sont en train de tirer sur nous, qu’on puisse savoir d’où viennent-ils, à la solde qui ils sont. Ils verront ces jours-ci, un dispositif costaud qui ira à l’encontre de ces gens », a déclaré mardi, Ansoumance Camara, alias Bafoe.

Une très mauvaise approche, car, selon FayaMilimono, « Pour le crime, la responsabilité pénale n’est pas transférable. Les bébés, les vieillards et les femmes en ceinte ne doivent pas être pris pour cibles. Ils ne peuvent pas être des criminels. Pour moi, quelle que soit la personne qui aurait enlevé la vie au policier la responsabilité de l’État c’est de l’identifier, le traduire en justice, le faire juger et condamner. Il est dans l’intérêt de tout le monde que nous ramenions un certain calme. Nous sommes face à une situation très grave dans notre pays. La violence va crescendo, les tensions montent, elles prennent des couleurs ethniques. »

Aujourd’hui en tout cas,  Wanindara, communément appelée par certains artistes de la musique urbaine ‘’Wandjan city’’ souffre et étouffe. Ce quartier pleure sans cesse. Ses enfants sont enlevés, souvent tués. Sans aucune autre force de procès. Sans aides. Sans secours. On meurt à huis clos. On brigande à huis clos. Et on fait sortir ses biceps face à une population déjà meurtrie par dix ans d’injustice d’un pouvoir rigide qui dure. A force de pousser les uns et les autres à la radicalisation, au self défense, saura-t-on demain si la victime ne sera pas le bourreau ? La retenue et le discernement doivent primer sur tout !On vous l’aura averti.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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