YERO BALDE: Des promesses irréalistes et anachroniques

En marge d’une cérémonie d’inauguration d’un nouveau bloc administratif (celui du rectorat) à l’université Général Lansana Conté de Sonfonia, le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Abdoulaye Yéro Baldé, s’est livré à un exercice qui peut se révéler dangereux pour lui. En effet, comme guidé par un enthousiasme qu’on ne saurait expliquer, il y a fait des promesses dont certaines sont, au regard du contexte socioéconomique et des défis de l’enseignement supérieur, ne sont ni réalistes, ni opportunes.
Invoquant notamment les menaces terroristes et la nécessité de sécuriser les universités et les étudiants, le ministre a indiqué que son département et plus largement les autorités réfléchissent à la possibilité de biométriser l’accès aux instances universitaires. Dans la même veine, il laisse aussi entrevoir la possibilité du retour des cantines et des campus dans les enceintes universitaires. Enfin, il annonce l’avènement probable d’une assurance pour tous les étudiants.
En ce qui concerne la biométrisation, son bien-fondé n’est pas en cause. Cependant, on se demande bien si c’est très réaliste de l’envisager dans un contexte où la Guinée dans son ensemble, reste très mal desservi en courant électrique. Et pour ce qui est des campus, il est à se demander si le ministre ne se met inutilement une corde au cou. Cette problématique qui a fait couler encre et salive, n’avait-elle pas intérêt à être laissée dans les oubliettes? Quand le débat tourne autour de la construction d’universités publiques pour sortir du chantage des universités privées, peut-on s’autoriser une telle legereté? Enfin, au sujet de l’assurance à laquelle il fait allusion, il devrait particulièrement s’intéresser à l’avis des étudiants et à leurs parents.
Ainsi, très probablement parce que le ministre est en panne d’idées et qu’il a visiblement envie d’impressionner, il promet tout et n’importe quoi à la fois. Contribuant ainsi à perpétuer la relation de méfiance entre les administrés et leurs dirigeants. Car comme on l’aura vu, avec tous les défis qui sont ceux de l’école guinéenne dans son ensemble et du secteur de l’enseignement supérieur en particulier, toutes ces promesses ressemblent bien à un conte de fée.
Anna Diakité, www.kababachir.com

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