Malick Sankhon : de faucon en colombe ?

C’est somme toute un saisissant raccourci que vient de prendre Malick Sankhon, mercredi matin, à Conakry pour atteindre Dalein Diallo. De faucon en colombe, Malick semble s’assagir à l’endroit d’un ami, d’un proche que la politique a fini par diviser. Pour ériger une inimitié sans nom depuis la présidentielle de 2010 ayant vu l’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir dans des conditions bien rocambolesques.

Des discours de va-t’en-guerre teintés de tribalisme, des accusations les plus fortuites, des insultes les plus inadmissibles, des manœuvres les plus dilatoires, etc., tout a été utilisé par l’actuel patron de la CNSS, pour notamment en finir avec un opposant gênant que constitue le leader de l’UFDG. Entre les deux hommes, le parfait amour s’est enfui au lendemain même de la présidentielle de 2010. Place donc attaques par médias interposés. Malick Sankhon a en effet qualifié les leaders politiques réunis à Paris à un moment donné d’anarchistes et de « groupe de narco-fascistes qui s’assoient au bord de la Seine pour planifier l’assassinat de notre peuple. Ces gens-là je n’ai ni respect ni considération pour eux.»

Il n’en fallait pas plus pour que le président de l’UFR Sydia Touré se marre en mettant en doute la formation académique de Malick Sankhon. Soupçonné d’être derrière la déchirure de la famille Diop à Kaloum, suspecté d’être le patron des Chevaliers de la République, une sorte de milice et de pillards, Malick est vraiment aux abois. Ce, depuis que l’opposition l’a fait mordre la poussière suite aux législatives avec tous les fonds publics engloutis. Dalein aura toujours été sa cible.

C’est pourquoi, celui-ci ne se fait aucune illusion : leur relation a été sacrifiée sur l’autel du militantisme outrancier au RPG. Autant qu’à faire avec. Ainsi, Dalein, agacé par les fraudes en cours, suite à la tenue des élections communales, accuse Malick d’être derrière une réunion secrète visant à falsifier les résultats issus des urnes et donnant presque partout, Dalein gagnant.

Contrairement à ses habitudes, le faucon se mue en colombe, ce mercredi 7 février en répondant à son accusateur : « Il faudrait que Cellou comprenne que nous n’avons pas le droit d’avoir du mépris l’un pour l’autre. Au-delà de la politique, il y a l’humanisme. Je ne suis pas réellement un va-t’en guerre. Je n’ai rien contre Cellou, il n’a qu’à dire ce qu’il veut. » C’est donc un Malick méconnaissable qui intervient sur une radio locale. La rigidité du discours est introuvable. Il s’est seulement contenté de dire : « C’est vraiment dommage que Cellou vive avec la phobie de Malick Sankhon dans sa tête. Si je devais faire une réunion, elle ne pouvait pas se tenir au Novotel. Nous y avons élu notre Quartier général et y travaillons avec des jeunes. Quand on veut gouverner un pays, on doit garder sa sérénité en toute circonstance. Puis, avoir du respect pour les gens. »

De faucon, Malick en colombe. C’est manifestement curieux ! La démarche a un agenda caché. On croise les doigts.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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