3 ans auprès de Condé, le bilan de Sydia Touré…

En attendant de comprendre les réels motifs du départ de Sydia Touré de son poste de Haut représentant, les commentaires vont bon train. A l’opposition républicaine, les premières amours de l’UFR, on salue la démission, tardive certes, mais responsable. Au sein du RPG, certains tapent sur Sydia Touré pour brandir un passage à vide auprès d’Alpha Condé. L’intéressé lui ne se fait aucune illusion.

« Alors que les résultats de l’élection présidentielle de 2015 avaient donné lieu à de fortes contestations, faisant peser de lourdes menaces sur la paix sociale en Guinée, j’ai estimé, en tant que responsable d’une des formations politiques les plus importantes, qu’il fallait sortir d’une confrontation inutile dont le plus grand perdant est le peuple de Guinée » estime le démissionnaire. En vue donc de créer les conditions d’une véritable collaboration pour le bien de la Guinée, Sydia quittait l’opposition républicaine et le capot des voitures. Et de guerre lasse.

Aujourd’hui, comme bilan, il passe aux aveux : « Force est de constater que je ne suis pas parvenu à infléchir vos orientations, qu’il s’agisse de la gestion économique permettant de créer les conditions d’une prospérité au bénéfice de tous nos concitoyens ou de la mise en place d’un dialogue politique à même de créer un climat de paix dans notre pays, condition sine qua non de tout développement. S’agissant de la politique de développement, j’ai fait valoir, sans succès, le fait que nous commettons une grave erreur en nous obstinant à ne pas investir les importantes recettes minières dans l’économie agricole, seul moyen de sortir de la Guinée de la pauvreté endémique qu’elle connait et d’apporter à nos population le bien-être auquel elles aspirent. Ce changement de paradigme que j’ai préconisé n’a nullement été suivi, tout comme ma proposition de faire en sorte que le maximum ait accès à l’électricité, au regard de nos immenses potentialités et des travaux importants entrepris dans le secteur de l’énergie.De même, dans le domaine politique, je dois avouer que je n’ai pas été écouté. Conséquences, les tensions sociales perdurent, au même moment où le besoin de se rassembler et de se réconcilier se fait de plus en plus sentir. »

Le RGP en tirera toutes les conséquences et l’opposition républicaine en prendra acte.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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