300% d’augmentation de salaire : pourtant logique !

Quand les syndicats demandent au gouvernement une augmentation de salaires de 300% pour les fonctionnaires de l’Etat, certains ouvrent largement les yeux. D’autres crient à l’instabilité voire à la manipulation pour peut-être faire chuter le régime ( ?). Le gouvernement, serein, lui estime tout simplement qu’ « une telle augmentation comporterait des conséquences graves pour nos équilibres macroéconomiques, surtout au moment ou l’épidémie Ebola met à terre notre économie. »

 Sans donc le dire ouvertement, le gouvernement tranche : c’est quasiment impossible de miser sur une telle augmentation. Seulement, il oublie que la Présidence de la République a demandé et obtenu un accroissement de son budget. C’est ainsi que plus d’un milliard de GNF par jour est englouti seul ou avec plus des dizaines conseillers amorphes et l’autre gouvernement qui peuple la Présidence. Et on nous dit que les Finances sont au plus mal. Et du coup on demande aux fonctionnaires de se serrer la ceinture. La bonne foi voudrait, à s’y méprendre que le président Alpha Condé montre l’exemple en dégraissant son budget, ses effectifs et aussi son train de vie. Sans même penser à poursuivre les délinquants économiques qui infestent sa gestion. Pour dite tout net, l’augmentation des salaires des fonctionnaires n’a rien de scandaleux si les ressources collectées par l’Etat sont gérées correctement et efficacement.

 On n’a pas besoin d’être un expert pour confirmer que la pauvreté s’est accrue et des mesures idoines doivent être prises à cet effet. Selon des données, en 1994, le taux de pauvreté en Guinée était de l’ordre de 63%. Sydia Touré, l’autre ‘’petit comptable et nain politicien’’ est venu, à son départ, on était à 49%. Un an avant la disparition de Lansana Conté, la barre était à 53%. Toutes ces pages tournées, la Guinée connaitra l’arrivée d’un ‘’président démocratiquement élu’’, la sauveur, celui-là même qui hérite d’un pays et non d’un Etat. Deux ans de gestion seulement, la pauvreté s’affiche : 55.2%, malgré l’autosuffisance alimentaire prônée pendant la campagne et dans l’ivresse du pouvoir.

 Au regard de toutes ces statistiques – la Guinée occupe le 164e rang sur 182 pays, dans l’Indice de perception de la corruption publié par Transparency International (TI). Elle est par ailleurs classée 178e sur 187 pays, dans l’Indice de développement humain (IDH) publié par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) -, faut-il continuer à vivre, à la merci de la cruauté de la vie quotidienne, alors que des fonds sont détournés à tout-va, sans qu’aucun petit doigt ne se lève ? Faut-il croiser les bars, alors que les mines se partages entre militants et proches du RPG ? Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Pour peu qu’on soit lucides. Exiger donc 300% d’augmentation de salaires, n’est pas une fin en soi. Même si, aux dernières nouvelles, dans un communiqué rendu public mardi soir, le gouvernement a proposé de procéder à une augmentation de salaires de « 40% échelonnée de la manière suivante : 15% en avril, 15% en juillet et 10% en octobre 2015. Le syndicat a catégoriquement refusé cette dernière proposition en exigeant une augmentation de 50%. » Avec ça, on nous impose à venir tous les jours au travail et de repartir à l’heure », peste un fonctionnaire.

 Ce qui est évident, avec un salaire de misère d’un million et plus, on voit mal comment pourra-t-on éviter par exemple la vente des sujets des examens nationaux, des marchés de gré à gré, de vols et de détournements. Sans compter les autres travers financiers. Or, le logement coûte cher, le déplacement aussi, les soins de santé on n’en parle plus à plus forte raison la nourriture. La viande ne se mange pas dans bien des familles. La sauce feuille a tué d’autres. La typhoïde fait le reste. Dans d’autres familles, c’est la ‘’factorisation’’ (terme consacré qui veut dire, zapper sur le repas de midi pour trouver de quoi se mettre sous la dent, la nuit tombée). Pendant ce temps, des hauts commis de l’Etat font leur ‘’Je retiens’’ (pour ne pas dire qu’ils volent) afin de s’assurer une certaine retraite, voulue par eux ou imposée par leur mentor.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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