Crise sociale en Guinée : L’Assemblée nationale en sapeur pompier ?

Pendant que la grève générale et illimitée déclenchée par l’inter centrale syndicale CNTG-USTG paralyse le pays, l’Assemblée nationale joue au sapeur pompier. A son travers son bureau exécutif, le Parlement guinéen s’implique dans les négociations entre gouvernement et syndicalistes.

Jeudi, alors que le gouvernement ignore les revendications syndicales au cours du Conseil des ministres, présidé par le Chef de l’Etat, le Pr Alpha Condé, des députés de l’Assemblée nationale ont quant à eux reçus les délégués syndicaux pour tenter de désamorcer la crise.

Au sortir des entretiens, le porte-parole des centrales syndicales CNTG-USTG, Mamadou Mansaré, a déclaré à la presse que la situation a évolué positivement :

« Je remercie d’abord l’institution Assemblée nationale. La situation a fortement évolué et dans le sens de la positivité. A cet effet, dès demain nous invitons l’ensemble de nos travailleurs à une très grande assemblée générale de restitution des acquis que nous avons obtenus avec la garantie de l’Assemblée nationale de notre pays. L’ensemble des points de revendication ont été appréciés et satisfaits dans leur ensemble. Nous donnerons les détails à nos mandants demain lors de l’assemblée générale qui sera convoquée à partir de 11 heures. C’est à la suite de cette assemblée générale que nous allons décider de la suspension ou pas de la grève » a-t-il déclaré aux hommes des médias.

De son côté, Amadou Damaro Camara, président du Groupe parlementaire de la mouvance présidentielle, s’exprimant ce matin dans l’émission les ‘’Grandes Gueules’’ de la radio Espace fm, a salué les démarches des syndicalistes qu’il qualifie des patriotes avant d’indiquer qu’une autre rencontre avec le Premier ministre et les ministres concernés est prévu ce vendredi avec le bureau de l’Assemblée nationale, dans le cadre de la médiation. Des garanties ont été prises par les parlementaires pour convaincre les syndicalistes à suspendre le mot d’ordre de grève.

Selon le parlementaire, il a été demandé aux syndicalistes de surseoir les discussions sur l’épineuse question de réduction du prix du carburant jusqu’après la mission du FMI et la Banque mondiale dans le cadre du 6è et 7è FED.

Il reste à voir si la base acceptera ces propositions après le compte rendu des leaders syndicaux, prévu ce vendredi 19 février 2016 à 11 heures à la Bourse de travail à Conakry.

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.