A la HAC, les procédures s’accumulent et s’entrechoquent

A la Haute autorité de la communication (HAC), c’est peu de dire que rien ne va plus. Car c’est désormais la décrépitude. C’est la chute d’une institution qui ne reposait sur rien et dont personne n’a aidé à corriger les lacunes congénitales. Entre les commissaires qui composent l’institution, l’inimité est telle que les procédures judiciaires qui en résultent se bousculent dans les tribunaux de la capitale guinéenne.
Un an après sa mise en place, la HAC offre l’image d’une institution pathétique et indigne de la noble mission de régulation du secteur des médias. Après avoir longtemps été accumulée, la crise en son sein a éclaté au grand jour depuis que la présidente, encore amère de la fronde que lui a imposée une bonne partie des commissaires, a décidé de sanctionner un des meneurs attitré en la personne de Joachim Baba Millimono, le rapporteur de la HAC. Pour cela, elle use de toutes les manœuvres, y compris celles qui consistent à monter le ministre conseiller à la présidence en charge des institutions, Mohamed Lamine Fofana, contre le jeune commissaire. En fait, elle a entretemps réussi à se procurer un document selon lequel Joachim aurait menti sur son âge pour se faire désigner comme représentant de l’Assemblée nationale à la HAC.
Pour la présidente, c’est là le crime impardonnable de la part du rapporteur. Mais il en faut plus pour pousser Claude Kory Kondiano à rappeler son poulain. Déterminée, Martine Condé passe alors à la phase judiciaire en portant plainte contre son commissaire pour faux et usage de faux. Ce dernier vient de répondre à deux convocations. Mais dans la foulée, le clan des frondeurs se sachant ainsi visé, décide de contre-attaquer, avec une plainte devant contraindre la présidente à faire l’état des lieux de la gestion financière de l’institution au cours de l’exercice écoulé. Elle devrait répondre, pour sa part, à cette convocation le 14 mars prochain. Mais pour ce qui est de Martine Condé, ce n’est pas la seule procédure qui la vise. En fait, Joachim lui-même, dans une sorte de réponse du berger à la bergère a porté plainte contre sa présidente qui, à l’en croire, aurait illégalement enquêté sur son passé, pour notamment se procurer les documents en vertu desquels elle l’accuse d’avoir menti sur son âge.
Voilà donc dans quel climat la HAC célébré son premier anniversaire. Plus que engluée dans des procédures judiciaires davantage dictées par le peu de responsabilité  de ses membres et leur appât du gain que par le désir véritable d’accomplir la mission qui est la leur.
Anna Diakité, www.kababachir.com
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