Abdoul Salam Sow, nouveau Vice-Maire de Ratoma : ‘’Je mesure l’ampleur des tâches qui m’attendent’’


Au lendemain du remplacement du défunt Maire de Ratoma, notre rédaction est allée à la rencontre du nouveau Vice-Maire de la Commune de Ratoma.

 Fraichement élu, 7ème Vice-Maire, Abdoul Salam Sow décline ses priorités pour ses nouvelles fonctions, dans cet entretien exclusif qu’il a bien voulu accorder à notre rédaction. Lisez…..

Kababachir.com: Bonjour  M. Sow

Abdoul Salam Sow: Bonjour M. Barry

Vous avez été élu récemment Vice-Maire de Ratoma devant plusieurs candidats. Qu’est ce que cela représente pour vous ?

Avant d’exprimer mes sentiments, je voudrais tout d’abord rendre un vibrant hommage au défunt Maire Souleymane Taran Diallo qui fut pour nous un père, un encadreur qui nous a reçus très tôt, qui nous a montré ce chemin de l’excellence. Donc, je ne pouvais commencer cette interview sans lui rendre cet hommage et prier Dieu de l’accorder le Paradis.

Parlant de mon élection, il faut le dire, ça s’est bien passée, ça surpris tout le monde, voyant mon jeune âge, certains pensaient qu’un jeune ne pouvait être à ce poste. 7ème Maire Adjoint de Ratoma, c’est quelque chose de grand surtout à  notre bas âge. Pour cette élection, il faut oser le dire, les conseillers de tout bord politique étaient présents. C’est vrai qu’il n’y avait pas les 45 conseillers, mais le quota a été respecté et les grands partis politiques (UFDG, RPG, UFR, …) étaient tous étaient représentés. L’élection s’est passée dans des bonnes conditions. J’étais le seul candidat à ce poste. Lorsque je me suis levé, il a eu ovation dans la salle, tout le monde a applaudi et ça surtout surpris le conseiller juridique venu du Gouvernorat superviser les élections.  Il a même dit que c’est pour la première fois qu’il a eu l’unanimité à ces élections qui nous ont trop fatigués en Guinée.

Je remercie tous ces conseillers qui ont porté confiance à ma modeste personne et je mesure la grandeur de la chose et l’ampleur des tâches qui m’attendent. Je vais continuer à respecter leur voix et faire en sorte qu’il ait la cohésion au sein de l’équipe.

Pensez-vous que c’est votre jeunesse qui a joué en votre faveur ou bien vous avez su négocier à l’avance?

Certainement les gens ont compris qu’il fallait mettre un jeune à ce niveau. Il faut rappeler que sur cette liste de candidature j’étais 6ème sur la liste. Je suis dans un grand parti politique et je suis le premier responsable des jeunes de Ratoma. J’avoue que je devais figurer dans la première élection comme Vice-Maire et toute l’équipe des 29 conseillers qui sont passés à l’élection le savaient. Mais le Président Cellou voulait satisfaire toutes les sensibilités qui se retrouvant au sein de l’UFDG et partis alliés qui nous avaient suivis avec des grandes personnalités qui nous avaient accompagnées. Donc, c’est pourquoi, ils m’ont demandé, vu que le Maire et moi, nous venions d’une même fédération, d’attendre d’abord. J’ai accepté et cela a joué en ma faveur. Et tout le monde était surpris du fait que j’ai accepté. Lorsque le Maire Taran est décédé, chacun a dit qu’il fallait réparer le tort qu’on m’a causé. Moi je pense que ce n’était pas un tort, ce n’était pas ma chance à l’époque.

Vous voulez dire que le temps n’était pas arrivé ?

Oui, le temps n’était pas arrivé. En tant que croyant, ce que Dieu a fait, je le reconnais et le remercie. Mais je n’aurai pas voulu que ça soit comme ça. Que ça soit quelqu’un qui décède pour que tu viennes à sa place. Parce que tu vas te réjouir et être content alors que celui qui t’a précédé est décédé.

Vous voulez dire que vous êtes partagés entre joie et tristesse ?

Oui, joie et tristesse comme vous l’avez dit.

Mais quel souvenir vous gardez du Feu Souleymane Taran Diallo ?

Je l’ai dit tout à l’heure. Feu Taran c’était cet intellectuel guinéen sorti de l’université dans les années 76, que l’Etat guinéen avait envoyé à l’extérieur à travers la coopération internationale. Il  a enseigné dans les années 80 à Seychelles. L’actuel président du Seychelles est l’un de ses élèves.

Donc, c’était un grand encadreur. Moi, personnellement, il m’a déniché en 2013, dans les CARLE, dans la supervision des commissions électorales grâce au courage, à l’engagement  à la base. Il a eu les échos. Et à partir de là, il nous a copté. Il y avait beaucoup de jeunes. En ce moment aussi, il m’a appelé pour dire Salam, je voudrais te confier la Fédération des jeunes, tous les jeunes qui sont là, c’est toi qui peux assurer ce rôle, parce que tu as le franc-parler et les gens te respectent.

Donc, c’est quelqu’un qui m’a tout donné en politique. Il m’a ouvert la porte.  C’est lui qui a fait qu’on parle aujourd’hui de Salam partout. C’est vrai il y a eu un travail préalable, mais quelqu’un qui reconnait le travail bien fait et détecte les talents et les valorise, il faut dire que c’est un grand monsieur, un encadreur, c’est un père pour nous et un homme encré dans le social, c’est quelqu’un qui avait des rapports sociaux très encrés  avec toutes les communautés qui se retrouvent à Ratoma. Ce qui lui  a valu les 34 quartiers. Il parlait couramment soussou, très respectueux et très social.  C’est difficile pour moi de parler de lui, comme je l’ai dit, je prie Dieu de l’Accueillir à son Paradis Eternel.

A votre jeune âge, vous occupez déjà un poste ‘’costaud’’. Pouvez-vous nous parler brièvement de votre parcours ?  

Je commencerais par remercier le président de l’UFDG, parce que si on parle aujourd’hui de Salam, c’est parce qu’il y a eu d’abord parti politique et El hadj Cellou Dalein Diallo est venu à l’UFDG en 2007.

Après la restructuration, il a mis en place les comités de base. Nous, on est venu installer les bureaux des secteurs dans tous les quartiers de Conakry.

En 2008, j’ai été élu dans mon secteur comme chargé des élections, j’étais au Lycée.  En 2011, je suis venu au niveau du quartier, parce qu’ils ont restructuré Ratoma en trois fédérations. Je suis venu comme chargé des affaires électorales dans mon quartier. En politique, entendez, section. J’ai occupé ce poste jusqu’en 2015 lorsqu’il a changé à travers le Congrès, j’ai été élu Secrétaire général de la section des jeunes de Hamdallaye. En juillet et Août de la même année, il a y eu le congrès national et dans ça, c’était nous les quartiers qui votaient pour les communes. C’est là où M. Taran a demandé à ce que je sois Secrétaire Fédéral des jeunes. On a mobilisé les jeunes. Nous avons eu 12 quartiers à gérer et par la suite, on a réussi à faire une coalition de 9 quartiers.  Nous les 9 responsables de ces quartiers, on a formé le bureau. On m’a élu comme secrétaire général des jeunes et c’est à partir de là que je fus remarqué par la Direction nationale. C’est ce qui a prévalu ma mise en place sur la liste des conseillers de la Commune.

Maintenant que vous êtes élu Vice-Maire, un poste qui n’est pas le moindre. Est-ce que vous avez d’autres ambitions ?

Il faut que j’ai des ambitions mesurées. De 2015 à 2019, j’ai eu des très bonnes choses dans ma carrière politique. Il faut que je prenne l’ampleur de la chose pour pouvoir remplir la mission que Dieu,  les militants et la direction du parti m’ont donnée.  Je voudrais d’abord parler de ce poste.  Et je tends la main à tous et à toutes pour m’aider à remplir correctement mes fonctions de Vice-maire pour l’intérêt exclusif des populations de Ratoma et de la Guinée toute entière. Pour qu’à travers ce poste dont je mesure la portée, qu’on puisse élire Cellou Dalein Diallo, Président de la République en 2020.

Dans quel état d’esprit vous abordez votre nouvelle fonction ?   

C’est avec beaucoup de courage et de détermination d’accomplir correctement mes fonctions pour l’intérêt exclusif des populations de Ratoma, en particulier, les jeunes. Il faut qu’à travers ce poste, j’honore les jeunes guinéens de mériter la confiance. Cela donnera davantage le parti à confier des responsabilités aux jeunes.  Nous savons que les 103 victimes de Ratoma sont tous des jeunes. Aujourd’hui, dans ce bureau exécutif, je suis le seul jeune qui se trouve dans la tranche d’âge entre 18 et 35 ans. Vous conviendrez avec moi que tous ces jeunes tués à Ratoma lors des manifestations politiques sont dans l’intervalle d’âge compris entre 18 à 35 ans. Déjà, j’ai ça en tête et je dois honorer les jeunes qui sont décédés pour que leurs compatriotes qui vivent actuellement puissent bénéficier de la confiance du Président de l’UFDG et du peuple de Guinée. Je ne ferai par l’orgueil, je tends la main à tout le monde, notamment les doyens auxquels on doit s’inspirer et apprendre de leurs sages conseils pour aller de l’avant et accomplir les tâches qu’on nous a confiées.

Quels sont dossiers en instance aujourd’hui au niveau de la Mairie de Ratoma et quels sont les projets prioritaires ?

Dans le conseil communal, on voit les choses dans sa généralité. Et le spécifique, c’est au niveau du bureau exécutif qui travaille la dessus.  Pour l’instant, comme je n’ai pas assisté à une réunion du bureau exécutif, je ne peux pas me prononcer. En plus, on est à notre troisième mois de gouvernance.  Les dossiers prioritaires pour le bureau exécutif, je ne les ai pas encore en main. Peut-être que j’assisterai à une réunion du bureau exécutif prochainement, je saurai un peu plus.

Quelles sont les opportunités qui s’offrent aux jeunes de la commune aujourd’hui ?

Le constat général est qu’aujourd’hui, il faut oser le dire, dans les quartiers, les jeunes n’ont pas leur place. Les Président des jeunes sont du troisième âge, c’est-à-dire, plus de 50 ans dans tous les quartiers. C’est pourquoi, la première chose que moi je me propose de faire c’est de restructurer tous les  bureaux des quartiers.  En me basant sur la charte, c’est –à-dire, trouver des jeunes de moins de 35 ans pour piloter les structures de jeunesse dans les quartiers.  Ça aurait été ma première mission. En plus, redynamiser les activités sportives et culturelles pour permettre aux jeunes de s’épanouir. En même temps, œuvrer en faveur de la promotion de l’entreprenariat jeunesse. Pour cela, il faut travailler avec les présidents des structures des jeunes pour identifier les besoins et les autres activités juvéniles  et chercher à réglementer davantage les boites de nuit, les plages pour permettre aux jeunes de s’épanouir et éviter qu’ils soient dans la dépravation.

Il faut qu’on parvienne à réorganiser la jeunesse dans les quartiers à travers des structures de jeunes dynamiques, pour faire face aux grands défis du développement. Il ne faudrait pas que des gens qui ont le double de leur âge parlent à leur nom.  

A côté de ça, il y a aussi des quartiers qui ne sont pas lotis. C’est le cas de Hamdallaye Mosquée, Dar salam, etc… Ce sont tous des projets qu’il faut essayer de réaliser et agir immédiatement dans la limite des nos responsabilités.

Il y a aussi la question de l’assainissement.  C’est dommage que nos quartiers soient dans cet état d’insalubrité que nous vivons aujourd’hui.

Parlant de l’assainissement, est-ce que vous êtes associés aux opérations enclenchées par le gouvernent les derniers samedis de chaque mois ?  

C’est une activité presque gouvernementale. Parce qu’on nous appelle deux à trois jours pour coordonner cette activité et on n’a pas les moyens financiers à notre disposition. Tout est géré par le ministère de l’assainissement. C’est vraiment difficile pour les collectivités. Mais je pense que les Maires et les conseils communaux pourront se retrouver afin de jouer pleinement leur rôle dans ce sens, conformément à leurs prérogatives, parce qu’on constate que c’est devenu une lutte d’intérêt aujourd’hui pour ce gouvernement.

Quels conseils avez-vous donné à donner aux jeunes qui, face à la problématique de l’emploi dans le pays, choisissent le chemin de l’aventure parfois au risque de leurs vies

 Je leu dirai de croire en eux et en ce qu’ils font. Moi j’ai choisi  la politique, je suis là où je suis aujourd’hui. Il y a toujours des difficultés dans la vie, mais il faut accepter de les dépasser. Il faut que les jeunes comprennent qu’ils vivent et doivent vivre la réalité, en mettant en tête d’abord qu’ils doivent travailler. S’ils sont en train d’étudier, c’est d’accepter d’étudier pour avoir une bonne formation, s’ils ont des métiers c’est de bien apprendre pour leur avenir. C’est –à-dire, croire en ce qu’ils font et ne pas perdre l’espoir, parce que si on perd l’espoir, tout est voué à l’échec. Il faut surtout encourager les initiatives privées.

Nous sommes au terme de notre entretien, avez-vous un dernier message ?

Je voudrais d’abord remercier le Président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, qui a cru en ma modeste personne en me confiant des responsabilités. Et dire aux jeunes que les politiques ne sont pas toujours des manipulateurs. Si  des politiques étaient des manipulateurs, l’UFDG n’allait pas avoir confiance en moi. Donc, je crois que je suis un exemple des jeunes politiques qui a cru en ses chances, qui a lutté pour ses objectifs. Et cette lutte a été reconnu par le Président du parti et ceux qui sont autour de lui, qui m’ont mis à cette position. Aujourd’hui je me retrouve au sommet de la pyramide.   

Je veux dire aux jeunes qui croient que la politique c’est d’aller retirer de l’argent à des grandes personnalités. Je dis non ! Ils sont en train d’encourager la corruption dans le pays. Donc il qu’ils soient plutôt animés d’un objectif et avoir une conviction pour pouvoir changer la donne et aider à faire émerger les jeunes.

Le deuxième message de remerciement s’adresse aux jeunes à la base qui ont massivement voté pour l’UFDG, et l’ensemble des sensibilités politiques qui se retrouvent au sein du conseil communal de Ratoma, qui malgré la grande pluie, sont venus voter pour ma modeste personne et assister au déroulement de cette élection.

Je terminerai en rendant un dernier hommage au défunt Maire Feu Souleymane Taran Diallo, que Dieu l’accord le Paradis.

Merci M. Sow

C’est à moi de vous remercier.

Entretien réalisé par Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

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