Accord sur l’utilisation commune du chemin de fer Sangarédi-Kamsar : Dr Ibrahima Thioye parle des avantages.

Le Dr Thioye, consultant indépendant en gestion de carrières nous a accordé une interview dans laquelle il a évoqué des avantages liés à la signature de cet accord à Paris le 24 juin 2015 entre les  sociétés minière (CBG, GAC, Rusal) et les autorités en charge des mines représentées par l’ANAIM.  Pour lui, cette coopération est « une de responsabilité et de compréhension public-privé »

Le 24 juin 2015 à Paris, les autorités guinéennes ont signé avec CBG, GAC et Rusal/COBAD un accord sur l’utilisation du chemin de fer, quelle sont vos appréciations ?

Le Dr Ibrahima Thioye : L’aboutissement d’une stratégie commune d’utilisation du chemin de fer  partant de Sangarédi à Kamsar , par la compagnie des bauxites de Guinée (CBG), COBAD (une filiale de Rusal) et Guinea Alumina Corporation (GAC) avec les autorités guinéennes est une preuve de responsabilité et de compréhension public-privé. Cet accord constitue un exemple de dialogue inclusif que tout Guinéen apprécie aujourd’hui.

Pour vous, quels sont les avantages directs de cet accord ?

Le premier avantage, c’est d’abord le fait de réunir toutes les parties autour d’une même table  pour parvenir à un consensus, dons  avec le dialogue, il est possible de parvenir à des résultats extraordinaires. Cette signature est une première dans l’histoire du continent. Elle permettra aux différentes sociétés minières concernées de renforcer et de mieux élaborer une stratégie de gestion commune du chemin de fer.

Un autre avantage et non des moindres  c’est qu’avec cet accord les sociétés pourront lancer dans les années à venir leur projets dans l’intérêt des populations car il faut savoir que les investissements dans le secteur des mines est coûteux. Donc avec la mise à disposition du chemin de fer sangarédi-kamsar, les partenaires pourront réduire le temps de démarrage des projets.

Le troisième avantage est environnemental. Imaginez que toutes ces compagnies et sociétés minières font leur propre chemin de fer, la région de Boké sera exposé à court terme à une destruction de son couvert végétal, mais avec cette politique de multiutilisateurs du chemin de fer, le gouvernement est parvenu à concilier exploitation minière et protection de l’environnement. Il faut reconnaitre que cet accord servira de locomotive pour le développement socio-économique.

Vous dites que cet accord servira de locomotive pour le développement de la Guinée, peut-il servir d’exemple pour d’autres corridors ferroviaires ?

Vous savez pour la réussite des autres projets d’exploitation commune  des rails l’accord de Paris servira d’exemple. J’entends parler d’une future exploitation du chemin de fer de Rusal/Friguia par une autre société, pour que réussisse  le projet une discussion ouverte est nécessaire avec la participation d’experts indépendants. Je sais que le gouvernement prendra en considération les recommandations d’une expertise indépendante.

Et si les autorités prenaient sur elles la responsabilité d’engager sur le chemin de fer une autre société sans consulter toutes les parties ?

Je pense que les autorités ne prendront jamais ce risque. D’abord, l’accord de Paris est un bel exemple que les autorités vont capitaliser et promouvoir dans toute autre forme d’utilisation commune des rails. Lancer des activités sur ces rails sans des consultations et études préalables sur la faisabilité est pour moi pratiquement impossible de la part du gouvernement.

Pour mieux profiter de nos mines souhaitons que nos autorités en charge de ce secteur se comprennent avec les investisseurs.

Que pensez-vous de l’engouement des sociétés sur l’utilisation commune des chemins de fer?

Oui, je salue cet engouement et espère il sera au profit de toutes les parties. D’ailleurs il fallait s’y attendre car la Guinée est un pays minier  qui doit attirer des investisseurs dans le secteur. Pour les autorités guinéennes, il s’agit de créer un cadre incitatif et des facilités d’investissement?

Pour vous, comment doit -on procéder à une gestion commune des chemins de fer?

Je l’ai dit plus haut, il suffit de mettre tous les acteurs autour de la table avec des spécialistes pour définir une politique de gestion commune . Mais cela dit, j’ai récemment suivi à la Télévision nationale, le Président de la République dire à Fria que les rails appartiennent à l’Etat.  A ce niveau, je n’arrive pas à comprendre un détail. Il s’agit du chemin de fer de Friguia, car d’après mes souvenirs l’usine de Friguia, a été achetée par Rusal donc de manière directe le chemin de fer et le port  entrent dans ce  pacte d’achat.

L’utilisation commune des rails risquent de poser problèmes car la voie est transformée en dépositoires d’ordures?

Vous savez, je me rappelle d’un reportage à la Télévision nationale ou le gouverneur de la ville de Conakry après une visite des lieux disait  «  le simple citoyen qui prend sa voiture pour se rendre à son lieu de service ne voit rien, mais cette visite m’a permis de voir l’emprise des rails envahi par les populations et je  salue les efforts de Rusal. ».

Faut-il rappeler que le règlement de la sécurité ferroviaire prévoit que l’emprise des  rails soient dégagées à 20 m. Ce qui veut dire qu’aucune construction et aucune activité économique ne doivent exister dans ce périmètre défini. Mais sur le terrain, la réalité est tout autre. Des habitations anarchiques, des montagnes d’ordures ; des garages, des  débits de boissons et des marchés envahissent l’emprise des rails.

Donc  connaissant le danger que cela constitue pour les populations et les trains, l’Etat qui se dit être propriétaire de ces infrastructures  devrait s’en occuper et prendre toutes les dispositions sécuritaires pour éviter que les chemins de fer servent de dépotoirs d’ordures et de construction anarchique.
Heureusement,   les sociétés  font des efforts d’entretien et de sensibilisation des populations. Au regard du constat réel sur le terrain, l’on est endroit de se poser la question de savoir si c’est de cette manière qu’on entretient un bijoux comme les chemins de fer.

Votre dernier mot?

Mon dernier mot est un mot d’espoir,  de souhait de compréhension entre les investisseurs et l’Etat. Imaginez le nombre d’emplois que ces sociétés offrent à la jeunesse guinéenne, leur participation dans l’économie nationale qui favorise la lutte contre la pauvreté. Vous voyez également leur contribution dans la réalisation d’infrastructures de base pour les communautés. Donc une fois encore, je garde un  espoir de voir mon pays devenir une destination privilégiée dans tous les domaines notamment dans le domaine minier.

lejourguinee.com

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