Accords 3 juillet : le prix de la naïveté

Le gouvernement –a-t-il été plus inspiré que les opposants, « ces petits comptables et nains politiques » d’Alpha Condé ? On est tenté de la croire. En effet, depuis des mois, le fameux dialogue inter guinéen s’invite aux débats tant et si bien l’opposition réclame la signature des accords dits du 3 juillet. Seulement, vu le jeu du pouvoir – la signature des relevés a été tout simplement passé sous boisseau par Alpha Condé. Ce qui fait dire à certains que l’opposition a été trop naïve en ne réussissant pas à coincer le gouvernement.

De l’avis de l’UFR, «on ne peut pas jouer à ce petit jeu lorsqu’on est à ce niveau de responsabilité. Nous parlons d’élection et donc de la stabilité du pays. Tout le monde est concerné par cela. Je vous dis que le Gouvernement était fortement représenté. Nous devons arrêter ce petit jeu. D’ailleurs nos deux médiateurs nationaux ont tous reconnu que l’engagement était collectif, que tout le monde était d’accord d’organiser les communales au plus tard en mars 2014. Cela a fait l’objet d’un accord en salle et ce document avait été distribué et tout le monde était d’accord avec puis que c’est ce qui avait été arrêté. Même le ministre de l’Administration du Territoire d’alors Alhassane Condé avait même proposé que ces élections se tiennent en décembre 2013, c’est après qu’ils ont dit peut être qu’il va falloir reporter au premier trimestre 2014, c’est ainsi que le mois de mars a été fixé comme délai. » Et le parti de Sydia Touré de regretter que le gouvernement « veuille remettre en cause l’authenticité, ou en tout cas ne veuille plus reconnaitre leur engagement à travers cet additif-là. » Additif, dites-vous ? Et bien un autre leader – Jean-Marie Doré – en parle.

C’est dans une interview accordée récemment, à un périodique guinéen – Le Populaire – le président de l’UPG explique : « Le document était en cours de rédaction et dès qu’on a annoncé la signature de l’accord global, les gens sont partis. Sur instruction donnée par M. Djinnit sur consultation des différentes composantes de cette assemblée, de rédiger cet additif pour compléter l’armature juridique représentée par l’accord général qui précisait soit les points de droit, soit les points de la volonté exprimée par les deux tendances de la salle, à faire de telle manière pour que les élections aient lieu dans le calme et la sérénité pour en garantir la transparence. »

Autant voir une précipitation doublée d’une naïveté qui pourrait vraiment peser lourd.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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