AFFAIRE DADIS : Les autorités guinéennes paniquent-elles ?

Bien que le gouvernement ne dise rien autour de l’affaire Moussa Dadis Camara, certains signes laissent croire qu’il n’est pas indifférent aux derniers développements dans l’entourage de l’ex-putschiste guinéen. Des pseudo-spécialistes de l’arithmétique électorale essaient d’imposer qu’au-delà de son volet symbolique, l’ancien président de la Transition ne vaut pas grand-chose en termes de poids électoral. Pour autant, dans l’entourage d’Alpha Condé, on n’est pas particulièrement serein avec l’annonce de la candidature et le souhait du convalescent d’Ouaga de rejoindre sa terre natale.
Un des signes les plus symptomatiques de cette fébrilité, c’est bien le refus qui a été opposé au désir de retour du leader de FPDD en Guinée. Autrement, on se féliciterait presque que l’inculpé qu’il est veuille revenir en Guinée et se mettre à portée de main de la justice de son pays. Mais par les temps qui courent, l’intérêt judiciaire de Dadis n’est pas la priorité. En témoigne la vaste opération de charme à laquelle se livre le gouvernement en direction de la forêt, depuis que Dadis Camara a manifesté son intention de conjuguer le verbe avec Cellou Dalein Diallo. Actuellement, le premier ministre est dans la région. Idem pour le président de l’Assemblée nationale. De manière plus globale, les cadres ressortissants de la région proches du pouvoir sont sollicités pour relativiser l’impact de la fougue du capitaine Dadis Camara sur les électeurs de la région.
Et le dernier acte qui atteste de la panique qui règne dans les rangs du pouvoir, c’est le refus qui a été signifié hier à Faya Millimono qui voulait se rendre au Libéria voisin. Certes, ce n’est pas encore explicitement dit. Mais les raisons inavouées de ce refus résident dans la crainte que le leader du BL soit dans des manœuvres visant à aider au retour effectif de Moussa Dadis Camara. En effet, on se rappelle qu’au lendemain du dernier rendez-vous manqué de l’ex-capitaine putschiste, des voix s’étaient élevées pour dire que les autorités libériennes sont disposées à lui offrir le transit qu’il désire. Et puisque à propos de ce sujet, les autorités ne sous-estiment rien, elles ont préféré s’opposer à la visite de Faya Millimono au Libéria. Ainsi, on se met à l’abri de tout risque.
Anna Diakité, www.kababachir.com

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