Agressions sexuelles : pourquoi personne n’interroge sur ce qu’ils portaient ?

Acte I. Le 5 septembre dernier, l’exposition itinérante « What Were You Wearing ? » s’installe au Kansas, et présente dix-huit tenues vestimentaires portées par des femmes ayant été violées.

L’exposition, au grand retentissement, établit très nettement que leurs vêtements n’étaient pas provocateurs, bien au contraire.

Acte II. Le 10 octobre, la styliste Donna Karan fait scandale en évoquant l’affaire Harvey Weinstein :

« On doit s’interroger aussi sur la façon dont nous [les femmes], on se présente. […] Les femmes, qu’est-ce qu’elles portent, qu’est-ce qu’elles montrent ? »

Elle s’est excusée depuis, mais on sent que Donna Karan a une certaine idée sur la responsabilité des femmes. Elle n’a apparemment pas vu l’expo « What Were You Wearing ? »…

Acte III. Le 30 octobre, Kevin Spacey est accusé d’avoir jadis agressé sexuellement l’acteur Anthony Rapp, alors âgé de 14 ans. Depuis, d’autres témoignages accablent la star.

Si vous avez vu le lien entre l’acte I et l’acte II, mais que vous vous demandez pourquoi cette chronique, consacrée aux vêtements, évoque l’affaire Spacey, lisez l’épilogue.

Seule la femme l’a « un peu cherché »

L'acteur Kevin Spacey, en juin dernier (Michael Zorn/AP/Sipa)
L’acteur Kevin Spacey, en juin dernier (Michael Zorn/AP/Sipa)

Épilogue. Dans l’affaire Spacey, personne (votre serviteuse a parcouru Twitter des jours durant) ne s’est demandé ce que portaient les jeunes hommes qui assurent avoir été agressés par Kevin Spacey.

Pourquoi ? Eh bien, tout simplement parce que personne ne songe à relier les habits d’un homme à une provocation érotique, quand bien même un pantalon serait moulant et/ou une chemise échancrée.

La femme, seule, est sans arrêt soupçonnée de « l’avoir un peu cherché » avec ses habits. Alors qu’en réalité – et je vous renvoie à l’acte I – l’attrait des vêtements ne joue aucun rôle dans une agression sexuelle. Si l’agresseur pouvait jouir des habits, il n’aurait sans doute pas besoin d’envahir un corps.

Sophie Fontanel

Sophie Fontanel
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