AGRICULTURE ET SECURITE ALIMENTAIRE : Priorités de l’Homme, le cas guinéen (Dr M. Camara, Nebraska)

L’agriculture étant la deuxième préoccupation de l’homme après l’élevage, depuis sa création ou son apparition sur terre, reste très ancienne et complexe. Elle demeure le secteur privilégié de nos activités pour satisfaire à notre survie. Compte tenu de sa complexité et de sa constante variabilité due aux changements climatiques et atmosphériques, elle nécessite une attention soutenue des peuples qui cherchent à promouvoir son importance pour la satisfaction de leurs besoins quotidiens.

Aujourd’hui avec d’immenses changements et l’évolution qu’elle a eu à franchir, nous nous trouvons à un stade très dynamique de sa croissance, grâce à l’implication de la science et la technologie qui donnent de nos jours une complexe précision en agriculture.  L’un des stades les plus avancés dans la préoccupation du monde agricole moderne est celui de l’agriculture intensive.

La définition que nous donnons à l’agriculture, dans le cas particulier des pays en voie de développement, est très limitée et très faible. Ce qui traduit aussi l’une des raisons de la limitation de notre succès dans ce domaine. Le plus souvent, l’agriculture est définie comme étant une production céréalière. Elle exclut l’élevage, la pèche, les eaux et forêts et l’environnement, particulièrement en Guinée. Alors qu’au contraire elle aurait dû inclure ces autres domaines en plus de la transformation, la préservation, la science, la technologie, les recherches et les ressources humaines. L’agriculture demeure le facteur incontournable du développement et de l’épanouissement de la Guinée.

La souveraineté d’un état est la réussite et l’efficacité de son programme en agriculture. Aussi, il est à reconnaître que le premier droit d’un être humain est l’accès à la nourriture. Si nous reconnaissons que les Etats Unis d’Amérique est la première puissance du monde, ne pensons pas seulement à la puissance de son arsenal de guerre, mais considérons au-delà sa réussite en agriculture et son succès en autosuffisance alimentaire, entrainant ainsi une impressionnante garantie de sécurité alimentaire.

Nous chantons en Guinée à longueur de journée : ‘’ SECURITE ALIMENTAIRE’’. Au fait c’est quoi la sécurité alimentaire ? Elle peut être définie comme étant l’inaliénable droit d’un people à définir sa propre politique alimentaire, sa propre stratégie alimentaire pour une production rentable et durable. Elle inclut aussi la consommation de cette production, sa propre distribution alimentaire qui lui garantit inéluctablement l’auto-approvisionnement. Le droit de cette population toute entière à des échelles différentes de production (petite, moyenne, et grande) et où les femmes jouent un rôle primordial, fondamental et incontournable, est de décider la  manière d’acheminement de cette production.

La sécurité alimentaire se résume en quelques lignes :

  • La disponibilité de l’aliment
  • L’accès à l’aliment
  • Son utilisation
  • Son coût d’achat abordable et supportable
  • L’efficacité de la politique du programme agricole de l’état

Les causes principales de l’insécurité alimentaire sont les suivantes :

  • Manque d’information en agriculture
  • La pauvreté
  • Manque de programme compatible à la politique agricole en place
  • La dégradation de l’environnement
  • Les guerres et les grèves
  • L’inégalité entre l’homme et la femme dans le secteur de l’agriculture
  • Manque de programmes adéquats dans les recherches
  • Les barrières dans l’exportation des produits
  • L’accroissement de la population
  • La mauvaise santé de la population

En ce qui concerne le cas Guinéen, après l’accession de notre pays à l’indépendance, toutes les structures dans le domaine de l’agriculture sont tombées en chute libre,  causant, jusqu’à nos jours, une désorientation totale du pays à ne plus retrouver son point de repère. Alors que le pays était exportateur de produits agricole, il est devenu au fil du temps le grand importateur pour subvenir aux besoins alimentaires de la population.

Pour sortir de cette enclave, le gouvernement, les secteurs concernés et le peuple doivent prendre conscience du danger et travailler collectivement pour que la Guinée reprenne sa place d’antan. Si toutefois le gouvernement en place ne cesse pas d’utiliser cette ‘mamaya’ et cette démagogie agricole pompeuse, nous n’allons pas nous s’en sortir pour longtemps.

Dans la région de Kindia où j’ai fait tout mon cycle scolaire, je garde encore en mémoire les grandes et admirables réalisations de cette population constituée  majoritairement  d’agriculteurs, et qui accordait une grande importance à cette noble et prestigieuse  occupation.  Cette réalité se faisait sentir partout en Guinée avec nos braves mères et sœurs de la Basse Guinée, en passant par la Moyenne Guinée, traversant la haute Guinée pour enfin trouver refuge in Guinée forestière ; cette occupation faisait leur fierté.

Quant arriva le PDG /RDA, le Président Sékou Touré adopta le modèle Soviétique de  l’agriculture en se basant sur l’adoption d’un transfert de technologie dans les pays en voie de développement.  Les initiatives du régime de Sékou Touré n’étaient pas mauvaises, mais il avait oublié que le transfert de technologie doit suivre certaines règles et remplir certaines conditions qui sont entre autres :

  • Le transfert de technologie doit être socialement acceptable
  • Il doit être Economiquement fiable
  • Il doit être tolérant sur le point de vue environnemental
  • Il doit émaner de la décision collective du people

Sékou Touré n’avait pas pris en considération non seulement les facteurs cités ci- dessus, mais également le fait que ceci aurait dû être appuyé par le transfert des compétences. En ces temps critiques, les cadres guinéens évoluaient à l’extérieur, ne pouvant participer pour apporter leurs contributions dans ce domaine.

L’on assistera à la création des Brigade Mécanisées de Production  communément appelées (BMP), et les Brigades Attelées de Production (BAP) appuyées par les services d’AGRIMA chargés d’approvisionner  en pièces-rechange la machinerie agricole en cas de besoin.  Cette illustration appuie la thèse citée ci-dessus, à savoir le transfert de technologie et celui des compétences. Il faut comprendre que les initiatives de régime de Sékou Touré n’étaient pas aussi carencées, mais son rêve n’avait pas tenu compte des réalités socio-politique, économique du moment. Ainsi le gouvernement en place, faute d’analyse des réalités de notre pays, a manqué de réaliser que le modèle soviétique ne pouvait avoir un avenir radieux.

Toute une promotion d’étudiants sortant des universités Guinéennes sera réorientée vers les Fermes Agro- Pastorales d’Arrondissement (FAPA), sans expérience première dans le domaine de l’agriculture, ni avec la volonté d’y aller ou d’y rester. Ces nouveaux diplômés dont le vœu ou le désir était loin d’être parachutés dans un environnement étranger, voire même hostile dans certains cas. Bref, le programme maladroitement planifié par le PDG ne trouvera pas succès.

Les tracteurs destinés à la réalisation de ces travaux agricoles étaient placés, sous la responsabilité des maires (responsables locaux). Ceux-ci n’avaient aucune idée de leur mode d’entretien, ou d’utilisation. Ces engins  qui avaient couté une fortune, ne servaient plus à rien. Les profanes  soient-disant tractoristes, dépourvus de toute connaissance et formation  n’avaient souvent pas le sens commun de contrôler régulièrement  l’huile et l’eau, faute de quoi la vie de ces engins devenait éphémère.  Durant la saison sèche, au lieu d’entretenir  ces engins agricoles, ils les utilisaient comme moyen de transport inter-villages, ou inter-marchés hebdomadaires. Tout cela se passait au vu et au su des responsables en charge, avec la complicité des agents.

Concernant   les intrants agricoles (Pesticides, nématocides, fongicides, fertilisants  etc.), qui devraient en principe être sous le contrôle ou sous la  responsabilité des services compétents tels que la protection de végétaux (P. V), les services anthropologiques etc. …, les intrants étaient conservés  dans des conditions déplorables, exposés à la merci de la nature. Raisons qui causèrent des pertes humaines et entrainèrent des conséquences néfastes sur l’environnement. L’utilisation du DDT, produit très toxique dont l’utilisation était interdite dans le monde entier suite à son effet carcinogénique, sera fatal à plusieurs de ces villageois.  Force est de constater que le gouvernement en place actuellement continue à commettre les mêmes fautes, comme de par le passé.

Arrive le gouvernement du Président -paysan Lansana Conté, avec un amour fou pour l’agriculture, mais qui étonnamment n’approfondit, ni n’élargit l’échelle de son domaine d’application. Le président Conté investit seulement avec sa famille et dans son village, avec son ministre de l’époque Mr. Jean Paul Sarr le plus médiocre des ministres de l’agriculture dans l’histoire de la Guinée, hormis celui qui assure la destinée du même département actuellement. Pour ne pas aller très loin, le président Conté plaça la Charrue avant les beaufs.

La venue de Mr. Alpha Condé, plein d’idées et d’énergie ainsi que du désir de remonter la pente, et faire de la Guinée un pays autonome au plan agricole. Mais avec une planification tout aussi suicidaire, il se lance dans la gueule du même caïman qui n’épargna ni le Président Sékou Touré ni le Président Lansana Conté et mènera à leur échec. Le président actuel doit comprendre et tirer les leçons des échecs de ces prédécesseurs.

 Pour ne pas être jugé sur le même banc des accusés, le Président Condé doit prendre très au sérieux le programme de ses campagnes agricoles entreprises. Les spécialistes   en agriculture diront que l’idée est bonne de s’impliquer dans l’agriculture, mais en vérité la réussite de cette campagne d’autosuffisance ne doit pas être menée sous l’angle démagogique mais plutôt pratique.

UNE AGRICULTURE MODERNE DE HAUTE PRODUCTIVITE ET PROFITABLE AU MONDE RURAL

Depuis l’indépendance, nos gouvernants successifs n’ont cessé de proclamer que l’agriculture était une priorité et de célébrer nos “braves paysans”. En réalité, ces slogans étaient de la poudre aux yeux pour mieux masquer le pillage du monde agricole par les gouvernants. Et pourtant, malgré tant d’efforts, paradoxalement, le monde rural est reste pauvre, et continue de s’appauvrir. A cause de la mauvaise gestion et manque de vision de nos dirigeants.

Pour ce qui concerne le riz, principal produit consommé par les guinéens, la Guinée demeure à ce jour incapable de s’auto-suffire, d’atteindre l’autosuffisance alimentaire alors que l’espace et le climat sont appropriés. Et pourtant, l’autosuffisance alimentaire fut longtemps le slogan des dirigeants.

Le pays continue de dépenser des sommes colossales pour importer le riz de pays asiatiques alors que nous avons toutes les conditions climatiques et la terre pour être auto-suffisants en riz. Pourquoi cette anomalie ? Parce que la corruption et la cupidité des dirigeants politiques sont encore passées par-là. Des dignitaires de nos régimes se sont transformes en agents d’importation du riz pour s’enrichir en décourageant la production locale, le riz importe étant moins cher que le riz local qui par manque d’investissements adéquats n’a pu accroitre sa productivité et profiter à nos paysans.

A l’époque de des gouvernements antécédents, des marches juteux d’importation du riz ont été accordés à ses propres enfants, selon la presse. Quel intérêt dans ces conditions de tels régimes auraient-il à encourager la production locale de riz et l’autosuffisance alimentaire qui aurait permis à notre pays d’économiser des sommes importantes d’argent sur l’importation du riz. Ces milliards auraient pu servir utilement à combattre la pauvreté, à financer l’éducation, à améliorer les conditions de vie de nos paysans en milieu rural, à y apporter l’eau potable, l’électricité, des dispensaires, etc. Il est vrai que chez nous les politiciens se soucient peu du service public : pour eux la politique ne consiste qu’à s’enrichir, le pouvoir devant être nourricier.

En ce qui concerne l’élevage, la viande est une denrée qui demeure très chère pour le guinéen ordinaire alors que nous avons des opportunités d’accroitre la productivité dans ce domaine pour baisser le prix de la viande et permettre aux populations de se nourrir convenablement.

Il faudra rechercher partout dans le monde, s’inspirer des bons exemples pour accroitre la production de l’élevage dans tous les domaines (bœufs, moutons, poulets, etc.). Tous les investissements nécessaires devront être favorises et réalisez pour le bien des éleveurs et des consommateurs.

L’agriculture vivrière si importante pour la consommation quotidienne des ménages devra également être plus performante en termes de production et être rentable financièrement pour le producteur.

Mon plan considère qu’il faut changer de cap et faire de l’amélioration des conditions de vie de nos paysans et de l’augmentation de la productivité la priorité absolue en matière agricole.

La première chose à faire est d’abord une bonne gestion des revenus des produits agricoles qui doivent être protégés de la prévarication, du pillage des gouvernants qui ont totalement échoue à moderniser notre agriculture. La première règle pour ramener la confiance dans ce milieu – comme dans d’autres secteurs – sera de mettre un terme à la corruption, à l’opacité et d’associer les paysans dans une transparence totale aussi bien à l’effort de production qu’au partage des bénéfices et des responsabilités. Ils doivent avoir des syndicats bien organises, bien informes et défendant très bien les intérêts de leurs membres dans des rapports transparents avec le gouvernement.

Mes propositions entend accroitre les investissements dans le milieu agricole en commençant par créer les infrastructures qui encourageront les investisseurs nationaux et étrangers à agir efficacement dans ce secteur. Parmi ces infrastructures de base, il faudra améliorer et créer des routes viables, établir le réseau électrique, favoriser l’accès à l’eau potable partout, réduire les taxes agricoles et lever tout autre obstacle au progrès. Il est irréaliste de croire que les investisseurs iront dans un endroit ou ils ne peuvent avoir aucune infrastructure de base qui leur permettront de s’y installer en toute sécurité et en confiance, de s’assurer que leurs investissements peuvent être efficaces et bénéfiques et ou ils devront payer des taxes trop élèves dans le processus de production.

Le rôle du gouvernement sera de créer un cadre incitatif et protecteurs pour les investisseurs nationaux et étrangers afin que chaque acteur – paysans et investisseurs – puissant tirer son épingle du jeu et que le milieu rural puisse impulser son développement.

La modernisation de notre agriculture exigera des équipements, du matériel, de la technologie et des paysans bien formes. Cela veut dire qu’il faut permettre à nos paysans d’avoir accès à des crédits pas chers qui leur permettront d’améliorer leur production et d’accroitre leurs revenus. C’est pourquoi, il faudra se tourner vers les organisations internationales spécialisées – comme la Banque Mondiale notamment – dans le domaine de la micro-finance afin que des projets viables – mais qui n’intéressent pas souvent les banques commerciales frileuses à investir en milieu rural. Il faudra les attirer aussi en donnant la preuve de la capacité à garantir la bonne gestion, la gestion transparente des ressources allouées. Les paysans ont besoin de crédits pas chers pour investir afin de s’adapter pour être compétitifs.

L’objectif est simple et clair : par une activité économique rentable, efficace, soutenue, dynamique, donner vie au milieu rural. Il s’agit de permettre à nos zones rurales de sortir de la pauvreté dans laquelle elles se débattent depuis des décennies en les aidants à produire, par le travail, les richesses qui lui permettront d’améliorer les conditions de vie quotidiennes de nos populations rurales.

Il s’agit aussi de fournir aux populations guinéennes des produits en grande quantité et de bonne qualité – donc moins chers –  pour nous permettre d’atteindre l’autosuffisance alimentaire dans tous les domaines agricoles et de l’élevage.

La modernisation et la productivité de l’agriculture signifient aussi la formation des paysans aux techniques de production modernes. Cela signifie aussi qu’ils doivent bénéficier d’équipements modernes et performants. Il faudra également encourager nos jeunes diplômes et jeunes agriculteurs à voir en l’agriculture un débouche rentable pour eux-mêmes en leur ouvrant la porte aux investissements, aux financements et a l’équipement en matériel agricole. Ils ont un potentiel et une expérience qui doit être fructifie. Ils ne doivent plus voir en le milieu rural un horizon bouche ou dangereux pour eux-mêmes et leurs enfants. Il faut arrêter l’exode rural qui bonde nos villes de jeunes qui ne trouvent finalement aucun emploi à cause du marasme généralisé.

Nos ingénieurs en agriculture devront être sur le terrain et non plus dans des bureaux. Nos laboratoires et Centre de recherches agricoles seront soutenus afin que leurs recherches puissent aboutir à des résultats concrets au niveau de l’amélioration des techniques agricoles et de la production. Toutes les ressources intellectuelles, humaines de notre pays devront être mobilises et exploitées efficacement pour donner à notre agriculture son élan et toute sa puissance.
Mon programme entend faire de tout l’espace rural un lieu de confiance pour les investisseurs et les paysans, un lieu d’activités intenses, de développement, de productivité accrue, de productions variées et de gestion transparente. Le gouvernement devra faire tous les investissements nécessaires à cet égard (eau, route, électricité, dispensaires, écoles, etc.) pour impulser le développement et trouver les partenaires nationaux et internationaux pour atteindre ces objectifs capitaux pour notre pays. C’est  une stratégie essentielle de la lutte contre la pauvreté qui est si pesante en milieu rural.

Mon Plan entend renforcer le pouvoir des représentants du monde agricole – c’est-à-dire les syndicats paysans – et établir entre eux et le gouvernement un partenariat efficace, transparent pour la lutte contre la pauvreté, pour l’amélioration des revenus des paysans, pour l’accroissement de l’autosuffisance alimentaire.

La gestion des fonds générés par l’agriculture, aviculture, eaux et forêts  et l’élevage devront être gérés en toute transparence et le gouvernement veillera à ce que la loi protège les paysans des pillages, détournements d’où qu’ils viennent, quels qu’en soient les auteurs.

Et notre agriculture doit à cet égard donner toutes les garanties de transparence, de bonne
gouvernance. Le plan considère que ce sont là des conditions de base pour relancer
l’agriculture de notre pays qui a grand besoin de modernisation, d’investissements, d’
efficacité. C’est la voie pour offrir l’opportunité à nos paysans d’améliorer leurs revenus,
leur niveau de vie, celui de leurs enfants et d’avoir de nouveau confiance en l’avenir.

Une bonne planification pour une meilleure campagne agricole doit commencer par un projet adéquat, chose qui a effectivement manqué pour le succès de la campagne agricole 2011. Voir ci-dessous.

Voici en quelques lignes les dérapages :

  • Manque d’objectifs clairs et de vision précise pour une réussite certaine
  • Manque d’explication des tâches à accomplir et attentes à établir
  • Absence totale des femmes dans les structures et la négligence de leurs contributions dans les prises de décisions et leur exécution
  • Manque d’évaluation des possibilités et disponibilités
  • Manque de concept spécifique du processus et des procédures à suivre
  • Absence de liste de tâches et d’un calendrier approprié
  • Manque d’implication de personnes-clés et ressources
  • Une campagne de sensibilisation inefficace et inappropriée
  • Manque d’établissement de priorités
  • Mauvaise planification des programmes
  • Le mauvais équipement et médiocre outillage des cadres *manque d’équipements  informatiques*
  • Absences de bibliothèques dans les services
  • L’accès inexistant à la nouvelle technologie
  • Manque de feuille de route concrète par étapes et comment y arriver
  • Mauvaise collaboration avec les différentes entités et structures de ministère de l’agriculture, élevage, eaux et foret, pèche et environnement
  • Manque de collaboration avec les autres secteurs concernés
  • Aliénation des cadres compétents de l’agriculture
  • Manque de moyens et outillages pour l’acheminement du travail
  • Détournement des fonds et matériels alloués pour le programme
  • La démagogie dans l’application et l’exécution des programmes
  • Manque d’évaluation (première évaluation, évaluation à mi-chemin et évaluation final).

Voilà en résumé les problèmes et leurs résolutions, si les paramètres ci-dessus avaient été respectés, la campagne agricole 20011 aurait été couronnée de succès. Fort malheureusement, nous constatons avec regret que les leçons du premier échec sont encore répétées pour l’année 2012.

La Guinée est dotée de cadres intègres, des ingénieurs dans toutes les disciplines de l’agriculture, mais jusqu’à présent  les mêmes médiocres  individus qui ont toujours freiné le processus de développement d’une agriculture  saine et prospère, restent encore les décideurs.

Il est primordial de comprendre que la contribution de la femme dans le processus de développement est l’assurance d’une autosuffisance et une sécurité alimentaire sure et adéquate. Elle contribue en général avec un apport noté de 45% à 50%. En Guinée, les femmes sont complètement marginalisées dans les structures de l’agriculture, exception faite de quelques rares cas : au ministère de l’élevage, la conseillère principale du Ministre est Docteur Marie Camara une brave et courageuse femme, ce qui est vraiment impressionnant.

Pour sortir de cette grave situation, le gouvernement et les secteurs concernés doivent prendre conscience du danger qui nous menace. Nous devons tous accepter de travailler collectivement pour que la Guinée reprenne sa place d’antan. Si toute fois le présent gouvernement ne cesse pas d’utiliser cette politique trompe-l’œil dans le domaine de l’agriculture, il sera trop tard pour relever le défi. Prenons l’avantage de nos ressources, humaines et naturelles pour prospérer.

Mesures à prendre pour un succès certain

Le gouvernement doit :

  • Instaurer la pratique de l’agriculture intensive (application de la précision en agriculture, aménagement hydro-agricole pour la retenue de l’eau et son utilisation adéquate durant toute la saison,)
  • Récupérer les domaines de l’Etat et leur mise en valeur pendant les différentes saisons, pour maximiser la production et la productivité. (Création des services et coopérations de l’état ou privé pour les agriculteurs.)
  • Assurer l’éducation alimentaire de manière à ce que les guinéens insèrent dans leur régime de tous les jours d’autres aliments que le riz
  • Encourager les investissements privés dans le secteur de l’agriculture, l’élevage, la pèche, l’horticulture, etc…
  • Former et recycler des cadres  dans le secteur de l’agriculture. Placement de ceux-là qui ne sont pas employés
  • L’intégrer massivement les femmes dans les systèmes, en créant un équilibre dans les fonctions ou postes à occuper
  • Créer des centres de vulgarisation agricole et des centres de recherches
  • Créer des banques de crédit agricole, et faire pareillement pour la semence et les intrants
  • Etablir des cartes des sols et des cartes taxonomiques, hydrographique, de niveau etc…
  • Créer des centres de recherche Universitaire et renforcer ceux déjà en place
  • Informatiser les fichiers en agriculture
  • Respecter la connaissance indigène dans les pratiques de l’agriculture
  • Appliquer les systèmes informatiques dans l’agriculture (GIS, GPS), etc.…

Par Dr. Mohamed Camara

Directeur des Services d’Opérations Précisions en Agriculture

Nebraska. USA

 

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