Alliance UFD-RPG : en politique, c’est souvent l’intérêt qui compte

Mercredi 16 septembre, le président de l’Union des forces démocratiques (UFD) a révélé son intention de rejoindre le camp présidentiel. Cette annonce a sonné, aux oreilles de certains Guinéens, comme un coup de tonnerre. Un revirement de la situation difficile à expliquer, parce que le discours de Mamadou Bah Baadiko envers le président Alpha Condé et son régime était si dur qu’on ne pouvait envisager de sitôt un tel rapprochement. C’est mal  connaître la politique !

À côté des valeurs que le politicien prétend défendre, il y a son intérêt que n’oublie jamais. Celui-ci ne prend jamais une décision sans avoir calculé ce qu’il a à y gagner et, éventuellement, ce qu’il pourrait y perdre. C’est en fonction de cela qu’il agira.

Sans doute l’engagement de Baadiko à soutenir la réélection du président Condé ne fera pas l’unanimité au sein des militants de l’UFD si le parti en reste, bien sûr. Mais voyant qu’aucun candidat de l’opposition ne semble avoir la capacité de déloger Alpha Condé du palais de Sékoutoureyah, le désormais ancien opposant farouche cherche la tranquillité pour les cinq prochaines années, avec l’espoir que si le candidat du RPG Arc-en-ciel est réélu celui-ci lui accordera un certain nombre de faveurs, qui lui feront oublier les harassantes manifestations durant le premier mandat. Pourquoi pas espérer devenir ministre au sein du prochain gouvernement ?

L’UFD est, politiquement, morte car depuis son dernier congrès au cours duquel une vingtaine de cadres qui accusaient le président de prendre des décisions  contraires aux textes du parti avaient été suspendus par Mamadou Bah Baadiko, elle ne fait que s’enfoncer dans le clou. Cet incident n’a guère rassuré les quelques militants de ce parti, qui avait pourtant présenté son président comme candidat à la présidentielle de 2010.

Si Baadiko concrétise son alliance avec la mouvance présidentielle, il bénéficiera certainement de certains avantages liés à l’exercice du pouvoir par un allié mais son statut de leader politique risque de disparaître dans les années à venir. La formation politique qui change de camp du jour au lendemain ne peut pas convaincre un citoyen de se battre pour elle.

Thierno Diallo, Kababachir.com

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