Alliance UFDG-FPDD : « Pour faire une vraie Nation, on est obligé d’aller chercher tout le monde.» dixit, Honorable Diouldé Sow.

Dans cet entretien accordé à notre rédaction, Honorable Mamadou Diouldé Sow député uninominal de Pita (une ville du centre de la République de Guinée) revient longuement sur les différentes activités qu’il a entreprises dans sa circonscription. Au cours de cette même interview, il enseigne aux politiques qui parlent de la morale dans la future alliance entre son parti UFDG et les FPDD que « Pour faire une vraie Nation, on est obligé d’aller chercher tout le monde ».

Bonjour Honorable, vous êtes en séjour à Labé, dites-nous en les raisons ?

Honorable : Doubles raisons. J’étais venu pour des raisons personnelles et je suis venu assister à la remise du don aux étudiants de Hafia gracieusement offert par des parents et opérateurs économiques de Labé.

Comment avez-vous appris cette nouvelle concernant les étudiants ?

Par leur cri de cœur à travers le SOS qu’ils ont lancé. C’est une situation symptomatique de la gestion de ce pays-là. La jeunesse, c’est la richesse du pays, c’est l’avenir de la Guinée. Que les étudiants soient obligés de faire un SOS pour pouvoir vivre décemment, c’est une honte pour ce pays. Mais bon, si chacun fait ce qu’il doit faire personne ne va souffrir. Je suis heureux et je remercie les bienfaiteurs de cette donation.

 Parlez-nous des activités que vous êtes en train de mener dans votre circonscription ?

Comme vous le savez, nous avons beaucoup de chantiers. Actuellement, on a la fabrique artisanale de Guinée qui a démarré (…) il y a beaucoup de choses que les jeunes filles et garçons peuvent avoir au niveau de la fabrique artisanale en terme d’habits et chaussures, donc, la fabrique, elle fonctionne. Nous avons aussi un centre de métier, une chaudronnerie en phase de finition, on a fini la couvraison et on est sur le point de lancer cette activité. On a la pépinière et nous comptons mettre en pot vingt mille plants, je viens d’Abidjan où je fais venir vingt mille sachets. Le lancement de la fabrication du savon avec les groupements des femmes démarre après le ramadan. Les travaux de rénovation du bâtiment qui devra abriter la clinique aussi avancent, on va mettre une unité d’ophtalmologie et une dentisterie un don de notre partenaire belge « MEDIRAID-INTERNATIONAL ».

Il n’y a pas longtemps, une fille avait été violée chez vous à Pita. Vous aviez promis à l’époque que vous n’allez pas vous laisser faire. Où en sommes-nous ?

Vous savez avec la justice est lente. Mais je suis de très près ce dossier. On est en train de voir comment renforcer leur capacité avec un ordinateur pour aider à accélérer les choses. Mais le dossier est dans de bonnes mains avec le juge d’instruction. Le jugement va se passer, le monsieur est toujours en prison en attendant sa comparution. Ce sont des actes qu’on ne peut pas laisser passer, et, ça va être un précédent parce qu’il y aura la sanction, et le mise en cause aura la sanction qu’il mérite.

Beaucoup de personnes disent que la préfecture de Pita est en manque d’infrastructures scolaires. Même si vous n’êtes pas les gouvernants, peut-être vous auriez dû faire quelque chose ?

Vous savez la dernière fois par exemple, je suis allé à Sangareah une sous-préfecture de Pita. Quand je suis rentré dans une salle de classe de l’école primaire du centre, j’avais les larmes aux yeux (…) quand vous rentrez, vous avez l’impression d’être dans une porcherie. J’étais sincèrement gêné, c’est une honte pour tout le monde, surtout ceux qui ont la charge de gérer ce pays-là aujourd’hui. Pour parer à cette situation, nous avons déjà mobilisé les ressortissants de la localité, qui ont commencé à mobiliser des tôles et du ciment, nous allons aller refaire cette école.

La situation est symptomatique de la gestion globale du pays, c’est-à-dire dans tous les domaines où tu regardes, c’est la honte. C’est vrai qu’il y a beaucoup de problèmes, la dernière fois, j’étais au lycée, en saison sèche tu vois le soleil et en saison pluvieuse les élèves sont obligés de se mettre d’un côté pour pouvoir étudier à cause des tôles trouées. Nous sommes là aussi en train de voir avec les ressortissants pour aider au moins à changer certaines tôles du lycée. C’est beaucoup de chantiers à la fois, mais bon, on a l’espoir, car nos mandants, ce sont des gens qui sont portés vers le progrès. Ils sont réceptifs et nous font confiance. Il faut aider les autres, c’est ça notre salut et c’est dans cette direction que nous nous engageons en attendant que nous ayons un Etat normal soucieux du bien-être de tous les citoyens sans exclusive dans ce pays.

 Parlons un peu de politique, récemment votre parti a annoncé être en négociation avec les FPDD de Moussa Dadis Camara. Comment est-ce que cette chose est perçue à Pita, c’est-à-dire par vos mandants ?

Très bien ! Je suis aussi partisan et artisan de ce projet. La Guinée est une et indivisible. On nous a habitué à diviser les Guinéens, mais au niveau de l’UFDG, nous montrons que nous savons transcender les barrières, nous savons rassembler les gens et nous allons signer cette convention. Elle dérange, depuis que les gens ont appris ça, vous-même, vous suivez l’actualité nationale. La convention, elle se porte bien et elle va être finalisée prochainement.

Et pourtant, on parle de la morale dans cette affaire. Est-ce que la morale peut y exister ?

Je suis heureux que des gens se réveillent aujourd’hui pour parler de la morale. Où ces gens étaient depuis 2009, depuis ces massacres-là. Aujourd’hui, ils se réveillent, c’est des bons moralisateurs. Nous, ce sont nos parents, ce sont nos frères et sœurs qui ont été tués et violés le 28 septembre. Donc quelqu’un ne peut pas s’arrêter aujourd’hui pour faire croire qu’il est plus proche de ces gens-là que nous. Nous savons ce que nous faisons et nous nous portons vers l’avenir. Le capitaine Dadis dit qu’il est prêt à passer devant la justice de son pays pourquoi ne pas simplement lui donner cette occasion et faire jaillir la vérité ? Vous savez, le 28 septembre n’a pas encore livré tous ses secrets. Dadis et ses partisans ont leur mot à dire.

Capitaine Moussa Dadis Camara vient d’être inculpé au compte des évènements du 28 septembre. Pensez-vous que l’accélération de la procédure judiciaire est liée à votre future alliance ?

Vous savez dans cette affaire, c’est l’arroseur arrosé. Si Dadis était venu avec le RPG, vous n’auriez pas entendu tout ça. Ils sont déstabilisés et se demandent quoi faire. Ils peuvent inculper et tout, Dadis Camara est prêt à venir et il viendra. Il dit qu’il veut la justice. La justice guinéenne n’a qu’à les entendre tous, eux aussi, ils ont leur version des faits.

Quel est votre dernier mot ?

Je vous remercie de l’occasion que vous m’offrez. Félicitation pour tout le travail que vous faites et encore une fois, je remercie les bienfaiteurs. Pour tout ce qui parle de morale et tout, nous sommes au centre, devant et derrière nous sommes la morale. Mais pour faire l’alternance en 2015 et créer la nouvelle République, on est obligé d’aller appeler tout le monde autour d’un programme commun de gouvernance.

Interview réalisée par Sally Bilaly Sow, correspondant www.kababachir.com à Labé

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