ALPHA CHEZ POUTINE : Le troisième mandat au menu

Nous l’avons déjà écrit. Mais il faut revenir dessus et le marteler de manière à ce que personne ne se laisse abuser. Le voyage du président Alpha Condé en Russie n’a qu’un seul objectif : le troisième mandat. Pour les plus naïfs, c’est là l’ultime preuve que le président de la République n’a pas livré qu’une boutade le 15 mai. La modification constitutionnelle, Alpha Condé la veut et fera tout pour l’obtenir. Pour cela, le chef de l’Etat est en quête de deux choses de la part de ses nouveaux partenaires russes : Un peu d’argent et un soutien politique.
En effet, s’il fait de son troisième une obsession, Alpha Condé a cependant conscience que la conjoncture actuelle n’est pas des plus favorables. Le duo Ebola-prévarication des fonds publics ayant laminé le pays, les Guinéens sont aujourd’hui dans l’expectative. Ça crie de partout et la pauvreté n’épargne personne. Il faudrait d’ailleurs au passage relever que les frondes qui minent le RPG-arc-en-ciel ne s’expliquent pas que par des raisons politiques. La misère ambiante y est même pour beaucoup. Le chômage des jeunes aussi. Or, Alpha Condé semble avoir plus ou moins échaudé ses amis occidentaux. Son leadership et sa gouvernance économique rendant ces derniers méfiants, il avait déjà du mal d’obtenir d’eux les appuis financiers qu’il espérait. Et tout naturellement, les choses sont pires depuis qu’on le soupçonne d’imiter Denis Sassou Nguesso et Paul Kagamé. Alpha Condé s’est donc mis en tête d’aller bazarder quelques réserves minières guinéennes chez les russes, dans l’espoir d’en récolter des billets de banque qui permettraient d’endoctriner une jeunesse guinéenne, de plus en plus gagnée par la rébellion.
Ensuite, Alpha Condé sait bien que son idée de modification constitutionnelle ne passera ni à Paris, ni à Washington. Si les dirigeants occidentaux ont fermé les yeux sur certaines dérives de la gouvernance Alpha Condé (discours guerrier, approche communautaire, violations des droits de l’homme, etc.), c’était dans l’espoir qu’on en finirait avec cet autre décevant ancien opposant historique, à l’issue de deux mandats. Mais il y a que depuis le 15 mai, cette perspective est brouillée. Naturellement, en Europe et aux Etats-Unis, on ne cache pas la désapprobation. Conséquence, Alpha Condé sent qu’il s’apprête à faire face à un bras de fer qui n’est pas évident. Il se met donc à chercher des alliés. D’où son amour si soudain pour la Russie de Vladmir Poutine. Ce faisant, il semble s’être inspiré de Bachar Al-Assad dont l’appui russe a permis de supporter les assauts de toute une coalition occidentale.  Un parallèle qui fait froid dans le dos. A juste raison !
Anna Diakité, www.kababachir.com
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