Alpha Condé, garant de la passation des marchés publics

Le Président de la République a demandé une vérification approfondie des capacités techniques et opérationnelles des entreprises qui sollicitent des marchés publics, particulièrement en prévision des appels d’offre pour les pistes rurales. Ainsi en a décidé le conseil des ministres du vendredi dernier, à Conakry. C’est un goût d’inachevé.

En cause, l’article 10 du Code des marchés publics consacré aux conditions d’éligibilité des entreprises est de fait biaisé. Alpha Condé ne parle que de capacités techniques, or, les capacités financières vont avec. Comme le stipule ce dit article : « Tout candidat non frappé d’inéligibilité telle que définie par voie règlementaire et qui possède un siège fixe identifiable, les ressources humaines, les capacités techniques et financières nécessaires à l’exécution d’un marché public ou d’une délégation de service public doit pouvoir participer aux procédures de passation de marchés et de délégation de service public. » L’accès à la commande publique des PME requiert donc le respect de toutes ces dispositions. Dans le cas échéant, l’offre est rejeté, le marché résilié et le titulaire sanctionné.

En se posant aujourd’hui en garant de la passation des marchés, Alpha Condé entend dissuader les contrevenants à la règlementation. Il reste que c’est lui-même le vrai saboteur du Code des marchés publics. Combien d’entreprises guinéennes ne sont pas identifiables, sans adresse ? Combien il y en a-t-il qui ont leur bureau sous les aisselles ? Et combien aussi décroche décrochent des marchés en toute illégalité, c’est-à-dire sans capacités techniques et financières ? C’est en réalité une nébuleuse qui exige beaucoup de minutie et d’audace pour assainir le secteur.

 

Jeanne Fofana, Kababachir.com

 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.