Alpha Condé parle (enfin) du 3è mandat…

« Une Constitution c’est le peuple. Si demain, le peuple de Guinée veut changer sa Constitution, il y a un référendum et la Cour suprême ne peut que constater. » Jamais, jamais, Alpha Condé n’a autant évoqué aussi précisément un 3è mandat qu’il guette et dont il se nourrit depuis de longs mois maintenant. Cette fois-ci, avec sa dernière sortie médiatique avec la presse nationale, il ne saurait être plus clair. Sans langue de bois, sans nervosité, sans insultes.

Un grand pas vient d’être franchi au moment même où il crache sur les réels leviers de la Constitution : la Cour constitutionnelle et la Cour suprême. Il torpille la seconde et entretient la chienlit avec la première et comble de tout, il ne semble plus être garant de celles-ci, parce que, il les a bien critiquées. Il s’est insurgé contre le CNT qui les a revues. Ce n’est pas fortuit. Loin de là.

Avant cette sortie, Damaro Camara avait balisé le chemin : « On est en train de mener une guerre pour des intentions prêtées. Donc, je vois ce que ça veut dire, mais je préfère me prononcer sur la Loi et non sur les intentions. Ensuite, il faut qu’on soit clair. La Constitution actuelle dit clairement que le Président de la République a le droit de proposer une nouvelle Constitution au peuple de Guinée, soumis d’abord à l’Assemblée, ensuite par référendum. On ne peut pas avoir une Constitution en dehors de ça. Le peuple est le seul détenteur de sa Constitution, il est le seul à vouloir en faire ce qu’il voudra. Je crois que le combat doit être est-ce que le peuple a été consulté ? Est-ce que le peuple sera consulté ? C’est ça le vrai débat. »

Cette coïncidence faisant allusion outrageusement au PEUPLE, en dit long sur les démangeaisons d’Alpha Condé et de ses affidés. D’autres coïncidences, celle liée à la sortie d’Alpha Condé et celle liée à la destitution illicite de Kelèfa et enfin celle liée au chiffonnage de la Cours suprême et constitutionnelle est symptomatique. De son côté, le nouveau président de la Cour constitutionnelle invite les uns et les autres de parler « maintenant de l’avenir. »Sans trop de détails.

C’est le moment pour les opposants de faire front commun afin barrer les manœuvres avant qu’il ne soit tard. Sinon, ils seront obligés de constater les dégâts, comme cela a toujours été dans d’autres circonstances avec d’autres stratagèmes du régime de Conakry.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.