Alpha Condé : «Plus de détournement, plus de vol. C’est fini !»

On imagine la réaction des militants du RPG à Siguiri, lorsque le président guinéen déclarait :«Plus de détournement, plus de vol. C’est fini !» Chacun a dû rire sous cape, prenant Alpha Condé soit de menteur, soit d’amnésique. Voire les deux.

Depuis combien de temps en effet il brandit le glaive de la lutte contre la corruption, les détournements des deniers publics ? C’est devenu une ritournelle qui ne dit plus rien à personne. Aujourd’hui, il a les résultats des audits récents ou anciens, mais, il ne fait rien. Il déclare, il menace, puis, il tourne la page. Il connait les bandits à col blanc et leurs complices dont les tentacules vont jusqu’à son nez et à sa barbe, au niveau de la Présidence de la République.

Pour Chérif Bah,  « Il y a eu des travaux, le gouvernement a des rapports sur 146 marchés. Vous prenez 68 marchés  audités d’une valeur de 12 000 milliards GNF et sur ce montant également vous prenez 16 marchés sur 68 d’une valeur de 3 000 milliards GNF. Le constat est que 13% seulement des marchés sont conformes à la loi sur les marchés publics qu’on appelle Code des marchés publics ; 63% sont non conformes, il y a 24% qui ne sont même pas ‘’auditables’’. C’est-à-dire, il n’a même pas de document de base correcte, sincère pour dire qu’ils sont préjugés. Donc grosso modo, 93% des marchés sont hors normes. Et dans ce lot également 92% des marchés sont dé gré à gré. »

Quand Alpha Condé déclare qu’il n’y aura plus de ci et de çà, ceux qui connaissent la chanson tournent tout simplement le dos, parce que c’est lui-même qui octroie les marchés, à sa guise, à son humeur. Il se moque de l’intelligence du Bouré et des autres Guinéens. Pourtant, une loi répressive était en examen au Parlement.  La présente loi et le nouveau code pénal étendent la notion de corruption, conformément aux Conventions des Nations-Unies et de l’Union Africaine ainsi qu’au Protocole de la CEDEAO, principalement à la concussion, l’enrichissement illicite, l’abus de biens sociaux, le délit d’initié, la corruption proprement dite, le trafic d’influence, l’abus ou le détournement des pouvoirs dans l’attribution des marchés publics et autres infractions qui se sont dangereusement et scandaleusement généralisées au point d’être qualifiées de « fléau ».

Alpha Condé est complaisant. On se rappelle ce qui s’est passé Travaux publics. Mohamed Traoré qui fut ministre a drainé des casseroles. Il accusé Bah Ousmane, ministre sortant et actuellement conseiller de Condé d’avoir orchestré des malversations. Ni les parlementaires, ni le président ne se sont souciés de la suite entre Bah Ousmane et Mohamed Traoré, ancien patron du FER, puis ministre. Plus récemment, l’Agence guinéenne de presse (AGP), une structure de l’Etat a mis à nue des pratiques peu orthodoxes au niveau de la Police nationale. Il s’agissait du détournement mensuel d’un milliard quatre-vingt millions de francs guinéens (1 80 000 000GNF). Rien d’aberrant parce que l’information est donnée par un média d’Etat. Alpha n’a rien fait. Sinon presque.

Que dire de Mohamed Diaré, ancien ministre des finances et actuel président de la Cour des comptes ? Et Ibrahima Kourouma, ancien ministre du Pré universitaire, actuellement à l’Aménagement de la ville ? Alpha Condé doit arrêter de se moquer des Guinéens. Lui qui facilite toute et cultive l’impunité. Tant pis pour ceux qui le croient sur parole.

 

Jeanne Fofana, Kababachir.com

 

 

 

 

 

 

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