Alpha et les commerçants : le jeu du chat et de la souris !

Il avait fait sortir ses biceps à l’encontre d’une corporation – commerçants et autres opérateurs économiques – dont le seul objectif est de faire du bénéfice sur les activités commerciales qu’ils mènent légalement. Mais Alpha Condé, échaudé depuis 2010 par l’appui constant des commerçants au candidat de l’UFDG, n’a toujours pas réussi à digérer ce soutien. Ainsi, il ne manque jamais d’occasions pour qualifier les commerçants de véreux.

Lorsque Dalein l’a extrait de son lit de malade en octobre, en pleine campagne, Alpha Condé a menacé à Faranah de sévir contre les commerçants et les boulangers, en promettant de mettre fin au « monopole » dans ces secteurs. « Nous allons construire des boulangeries dans toutes les préfectures pour que vous fabriquiez vous mêmes du pain, parce qu’on ne veut plus que les gens ferment leurs boutiques et laissent la population dans la faim. Ça c’est fini. On va casser le monopole de ceux qui font le chantage », avait-il laissé entendre le candidat du parti au pouvoir.

Le samedi 30 janvier 2021 le même Alpha Condé se dresse contre les spéculateurs des denrées de première nécessité en Guinée. Pour lui, « Des missions d’inspection et de contrôle des prix seront régulièrement menées afin d’identifier les spéculateurs et leur infliger des sanctions exemplaires », a averti Alpha Condé, qui rappelle que le gouvernement a la responsabilité de protéger les consommateurs guinéens de la cherté de la vie suscitée et entretenue par des « opérateurs véreux ».Le mois dernier, il a demandé au gouvernement d’entreprendre « l’élaboration d’un projet de loi réprimant plus sévèrement les hausses abusives et fantaisistes de prix sur le marché », tout en dénonçant des « hommes d’affaires, de trafiquants et fraudeurs ». Plus le temps passe, plus il comprend que les commerçants n’en sont pour rien. C’est lui qui fermé les frontières, c’est lui qui n’a pas une gouvernance claire. C’est lui qui n’a pas de politique de prix, etc.

C’est pourquoi, en lieu et place des menaces jusque-là brandies, il a fini par donner des instructions à son gouvernement pour engager des pourparlers avec des opérateurs économiques pour trouver des voies et moyens de vendre le riz à prix abordable sur le marché. Ce jeudi 16 avril, il a de fait instruit ‘’les ministres concernés à encourager les principaux opérateurs économiques intervenant dans le domaine de la commercialisation du riz’’. Alpha Condé leur demande de ‘’poursuivre les discussions en cours, afin d’aboutir à la fixation concertée d’un prix de vente du riz importé plus abordable pour les populations ». Depuis qu’il est venu au pouvoir, il parle d’autosuffisance alimentaire, mais il ne parvient jamais à bien s’y prendre, même si Jacques Diouf, ancien patron de la FAO était encore sous les lambris dorés de Sékhoutouréya avec caviar et est accessoires.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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