Alternance 2020 : Alpha, les clans et les compromissions

Ce qui se dessine actuellement dans les arcanes du Palais Sékhoutouréya fera certainement des heureux et des gagnants parmi les proches ou supposés comme tels d’Alpha Condé. Aux manettes, le président lui-même. Il tire les ficèles d’un côté, couvre de l’autre et sacrifie de l’autre côté. En jeu, des leaders politiques, des responsables de partis et des militants de première heure du RPG. L’alternance politique 2020 est déjà entamée.

Et tous les coups sont permis. On commence à se bouffer le nez chacun faisant valoir sa proximité supposée ou réelle avec le chef de l’Etat, lui-même agacé par ses propres manœuvres pour bâtir un faisceau de compromissions avec les uns et faciliter la formation des clans pour les autres. La récente nomination s’inscrit justement dans ce cadre. On assiste au même moment, une réelle guerre des tranchées entre Sydia et Kassory, tous d’eux proches du Président. Tibou et Sydia restent en guerre larvée. Tibou et certains membres du gouvernement aussi ce n’est pas trop les atomes crochus. Au sein du parti, ceux qui ont étalé leurs habits sous Conté, veulent trouver leur part du gâteau. Ils font valoir la tribu et la région. Ils lorgnent du côté de la Primature et même ailleurs à des postes stratégiques.

Il vous souviendra que la visite au pas de course effectuée par Bantama Sow chez Malick Sankhon est loin d’être inédite. Le second a maille à partir avec un très proche collaborateur du Président dont Bantama ne supporte pas, estimant que c’est un handicap à la bonne marche des calculs politiciens. Ainsi, après sa nomination, il est allé rendre à César ce qui est à César, car, «Tout le monde sait mes relations avec mon frère Malick Sankhon. J’ai bénéficié de la confiance du Chef de l’Etat pendant que j’étais absent du pays. Je suis rentré hier vers 19 H. Ce matin, je ne suis même pas arrivé à mon bureau, je suis obligé de passer voir mes amis, mes frères, toutes les personnes qui ont eu à me soutenir depuis que nous avons commencé à exercer des fonctions dans l’administration guinéenne. Des gens qui étaient là pendant des moments difficiles, quand ça change, on est obligé de venir rendre à César, ce qui appartient à César.»

Avec autant de compromissions faites de clans voulus, Alpha Condé ne laisse aucun indice sur le visage du futur dauphin. Il donne tout de même libre cours aux rêveries et aux coups fourrés. Et il observe les uns et les autres à partir du Palais. Parfois en matant toutes velléités de raccourcis politiques visant à perturber ses ambitions de 3è mandat.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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