Après l’annulation de son accréditation, RFI réaffirme son soutien à Mouctar Bah

Dans une décision rendue publique mercredi 14 novembre, la Haute Autorité de la Communication annule l’accréditation du correspondant de RFI en Guinée, Mouctar Bah.

Comme si cela ne suffisait pas, la HAC met en demeure RFI de diffuser un droit de réponse au ministère guinéen de la défense.

Pour rappel, cette sanction fait suite à la diffusion d’un élément de reportage de RFI, rapportant que les deux jeunes victimes de la répression policière des manifestants à Wanindara, ont été  tués par balles par des bérets rouges.

Au lendemain de la diffusion de cet article, la réaction du ministère de la Défense ne s’est pas fait attendre. Par la voix du responsable de la Communication, l’armée a apporté un démenti catégorique. Extraits :

« Je voulais préciser qu’au lendemain de la publication de cet article sur le site de RFI, c’est moi qui ai appelé Mouctar Bah aux environs de 12 heures, pour protester et lui expliquer que ce n’est pas de cette façon que j’ai appris le journalisme… Le rôle du journaliste, c’est de recouper l’information. Il m’a dit que ce sont les parents des victimes qui lui ont dit que ce sont des bérets rouges qui ont tué des jeunes. Je lui ai dit qu’il ne devait pas juger, il ne devait pas désigner un coupable. Il devait juste informer. Je lui ai fait comprendre qu’il devait quand-même nous laisser la possibilité de donner notre version de ce qui aurait pu se passer. Car, s’il a pu joindre les parents des victimes à 22 heures, pourquoi ne pouvait-il pas joindre le camp qu’on a accusé ? Ça, c’était faisable », explique Aladji Cellou Camara.

Au cours d’une rencontre avec les professionnels des médias et après avoir entendu Mouctar Bah, la Présidente de la Haute Autorité de la Communication, a qualifié Mouctar Bah de militant et d’ethno. Cette sortie ratée de Martine Condé a suscité l’indignation chez bon nombre d’observateurs  de la vie nationale.

  En réaction à cette décision de la Haute Autorité de la Communication, RFI réaffirme son soutien à son correspondant, Mouctar Bah, qui selon le média français, est l’un des journalistes les plus chevronnés de Guinée.

Voici le contenu de la réaction de RFI qui ne semble pas se plier à la décision de la HAC pour un droit de réponse, parce qu’elle rappelle que son antenne a toujours été ouverte à tous et qu’elle le demeure.

« La direction de RFI déplore l’annulation de l’accréditation de son correspondant à Conakry, Mouctar Bah, sanction prise après une démarche engagée par le ministère de la Défense.

Mouctar Bah n’a fait que son travail, rapportant des témoignages collectés dans la nuit du 7 novembre 2018 sur les circonstances de la mort de deux jeunes gens. Il a également tenté, dès le lendemain matin, de joindre les autorités civiles et militaires pour obtenir leur commentaire sur ces témoignages. Les autorités concernées n’ont pas donné suite à ses appels et messages répétés.

Radio France Internationale s’étonne de la mise en demeure lancée par la Haute Autorité de la Communication lui demandant d’accorder un droit de réponse au ministère de la Défense, cette réaction ayant été sollicitée par Mouctar Bah tout au long de la journée du 8 novembre. La rédaction parisienne de RFI avait fini par obtenir, le lundi 12 novembre, l’accord du directeur régional de la police de Conakry, également porte-parole du ministère de la Sécurité et de la Protection civile, pour réagir à cette affaire. Réaction de Boubacar Kassé diffusée sur notre antenne le jour même dans les éditions de 18h30 et 22h30 en temps universel. RFI rappelle que son antenne a toujours été ouverte à tous et qu’elle le demeure.

La direction de RFI réaffirme son plein soutien à Mouctar Bah qui, avec plus de trente ans de carrière, est l’un des journalistes les plus chevronnés de Guinée. »

Ibrahima Sory Camara, www.kababachir.com

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