Armes chimiques : nouvelle mise en garde internationale à la Syrie

A la veille de la réunion à Genève (Suisse) des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies sur l’avenir de la Syrie, l’organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a une nouvelle fois mis en garde Damas lundi sur l’utilisation d’armes chimiques durant la guerre civile. Le régime de Bachar al-Assad a vivement répliqué.

«La communauté internationale doit rester ferme contre l’utilisation d’armes chimiques et les auteurs d’attaques vont devoir rendre des comptes», a lancé Ahmet Uzumcu, directeur général de l’OIAC.

Dans son dernier rapport, le JIM (Joint investigation mission), la mission d’enquête conjointe créée en août 2015 par l’ONU et l’OIAC, a accusé l’armée de l’air syrienne d’avoir perpétré une attaque au gaz sarin en avril dernier dans le village de Khan Sheikhun, faisant des dizaines de morts.

Le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Faisal Mekdad, a dénoncé de «fausses accusations» contre le régime. Les «conclusions politisées» de la mission d’enquête de l’OIAC visaient à «salir l’image de la Syrie» et à déstabiliser le pays.

La Syrie accuse des mercenaires étrangers

Certaines nations ont «envoyé leurs mercenaires et les ont encouragés à utiliser des armes chimiques contre les civils et l’armée syrienne», a accusé le diplomate syrien, appelant les enquêteurs à ouvrir une nouvelle investigation.

La Syrie de Bachar al-Assad a rejoint les Etats-membres de l’OIAC en 2013, admettant posséder un stock d’armes chimiques, sous la pression des Etats-Unis et de la Russie.

Les pays de l’Union européenne sont «horrifiés par l’utilisation systématique et répétée des armes chimiques en Syrie par le gouvernement syrien et par le groupe Etat islamique», a déclaré Jacek Bylica, le représentant de l’Estonie pour la non-prolifération, parlant au nom de l’UE.

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«Il ne peut y avoir d’impunité», a-t-il dit, appelant Damas à travailler avec l’OIAC pour dresser le tableau précis de ses stocks d’armes chimiques.

La participation incertaine de Damas

L’émissaire onusien Staffan de Mistura a annoncé lundi au Conseil de sécurité de l’ONU n’avoir toujours pas de confirmation de la venue à Genève des représentants du gouvernement syrien pour une nouvelle série de discussions politiques avec l’opposition sur l’avenir du pays, à l’initiative de la France. Dimanche soir, Damas avait annoncé qu’il ne souhaitait pas s’y rendre. Mais l’émissaire espérait un revirement, alors que «plus de 200 représentants de la société civile syrienne seront présents à Genève dans les prochaines semaines».

«Nous n’allons accepter aucune condition préalable de la part d’aucune des deux parties, a aussi insisté Staffan de Mistura. J’espère que les deux parties vont entendre mon message. »

Cette rencontre des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine, de la France et du Royaume-Uni semble s’inscrire dans une volonté des grandes puissances de reprendre la main sur le dossier syrien face à la diplomatie hyperactive de Moscou et ses victoires militaires sur le terrain en soutien du régime syrien.

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