ARMP Guinée : immersion dans un vaste champ de ruines !

Un réel et vaste champ de ruines à la fumée acerbe enregistre encore la présence d’un désormais très minuscule et coriace personnel. Ces jeunes cadres sans salaire depuis 8 mois, croient – mais vraiment en désespoir de cause -, à une hypothétique relance. Aux manettes de cette relance éventuelle, un certain Jonas Mukamba Kadiata Diallo qui se trouve être le patron, l’homme aux reformes plutôt …chaotiques, décousues et hasardeuses. Au nom, nous dit-on là-bas, d’un prétendu respect du Décret 167. Bienvenue à l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP).

Occupant deux niveaux de l’immeuble Chérif Diallo, sur le Boulevard Diallo Telly, l’ARMP, une institution de régulation des marchés publics ressemble, on ne peut plus, à un vaste champ de ruines fumantes. Au 2è étage constitué pour l’essentiel de chefs de Division, on est tout de suite accueilli par une grosse poubelle pestilentielle qui donne sur le long couloir. Là, on montre pattes blanches et on s’enregistre sur un bloc-notes. Cette jeune dame vigile dont on ne sait plus le rôle – il n y a rien à voler, tous les bureaux sont fermés ou presque – se tourne les pouces et somnole à chaque fois que nous y sommes allés pour recouper les informations.

Le couloir qui sert de bureau à cette vigile est orné de pots de fleurs dégarnies qui ne se rappellent plus le dernier arrosage. A droite, la porte des responsables Ressources humaines et Logistique est fermée à double tours. Ils se cherchent. En face, le bureau des auditeurs dont le chef soupçonné être proche du DG de la boîte, s’est

taillé depuis. Son assistante est quasi permanente, à cause notamment de la présence de son papa parmi le Conseil de régulation, organe qui joue le rôle de CA. Les bureaux de l’autre bout du couloir sont occupés par les Enquêteurs, le Responsable communication, logé dans un minuscule local qui ne donne rien : qu’il pleuve ou qu’il vente, le locataire de cette vitrerie ne semble point s’émouvoir. Du moins, c’est ce qu’on l’on constate. Les locaux avoisinants sont vides : les occupants ont été délogés suite à un licenciement. Entre deux bureaux, l’un des doyens de l’ARMP, un des lieutenants du DG dégommé Guillaume Curtis. Le service Informatique fait face aux toilettes. Il est occupé sporadiquement par un agent chargé de la Maintenance. A ses côtés, une nouvelles recrue, en remplacement du titulaire, démissionnaire, pour cause dit-il de visibilité de la politique de réforme de Jonas Kadiata Diallo.

Le 3è étage abrite la Direction générale. Ici aussi, même ambiance, même atmosphère : des bureaux désertés par des agents ou tout simplement retirés par Jonas Kadiata Diallo. C’est le cas du bureau du chargé de la Formation et des appuis techniques, du responsable Relations publique, du coursier, etc. Les parias ne sont ni licenciés, ni victimes de mises à pieds. Les directeurs sont relevés de leurs fonctions, même si certains continuent de prêter encore leurs services à la boîte qui se meurt. Les seuls bureaux animés en permanence sont ceux occupés par les assistantes du DG et le SAF (service administratif et financier) en lieu et place de la direction, supprimée et occupée jusque-là par Ibrahima Sory Diallo que Jonas ne veut pas du tout voir dans les locaux.

Nos multiples infiltrations dans cette boîte n’ont jamais permis de trouver le patron de l’ARMP sur place. A chaque tentative, le vigile ne change pas de réponse : le DG n’est pas encore venu. Selon des sources, Jonas Kadiata Diallo est rarement à son bureau. Il vient à l’heure voulue et s’en va à l’heure voulue. « Quand il est là, on le sent avec ses éclats de rires avec ses proches qui infestent les bureaux qui jouxtent le sien. Ce DG qui dit être dans la réforme peine encore à proposer, à orienter ou à s’entretenir avec son personnel, ce, depuis 8 mois », peste un cadre, sortant du QG du 2è étage où se retrouvent très régulièrement les activistes du respect du Code du travail.

L’atmosphère est bien lourde là-bas. Des pères de familles sans salaires depuis 8 mois se sont transformés, défigurés, endettés et lassés. Mais, Jonas Kadiata Diallo préfère régler des comptes, au nom de sa fameuse reforme. Des accrochages sont légions entre lui et ses cadres déjà au pied du mur. L’ARMP Guinée est absolument un vaste champ de ruines fumantes. Oublié du Conseil de régulation, déboussolé à cause de la rigidité du quotidien et négligés par la CNTG et l’Inspection du travail, le personnel de l’ARMP ne sait plus où donner de la tête. Même les acquis de Guillaumes Curtis ex-DG n’auront pas été épargnés. Il se raconte là-bas que l’ancien DG avait mis en place une réelle politique managériale qui rassemble toutes les compétences. Cet héritage est renvoyé. Plus rien ne semble aujourd’hui en tout cas, sauver l’ARMP du naufrage certain.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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