ASSEMBLEE NATIONALE : Le triomphe des partisans de l’auto-contrôle

Après plusieurs semaines d’une farouche résistance, le président de l’Assemblée nationale, Claude Kory Kondiano, s’est finalement plié à la volonté du groupe de députés qui souhaitent en savoir davantage sur les comptes du parlement guinéen. Ces députés fouineurs, mettant à profit la session budgétaire qui leur donne le droit d’ausculter les budgets alloués à chaque département ministériel, pensent en effet que l’Assemblée aussi doit se soumettre à cette démarche de transparence. Ce contre quoi, le président du parlement s’était tout d’abord opposé avec une certaine véhémence. Mais le camp d’en face ne lâchant pas le morceau, il s’est incliné. Même si la démarche sera quelque peu singulière.

Mais pour en arriver à ce fléchissement, il aura fallu une atroce bataille. Une bataille qui a culminé le jeudi dernier, à l’occasion du passage du ministre de la sécurité, Mahmoudou Cissé, devant les parlementaires. Devant la tension qui régnait entre les partisans et les anti-examen du budget de l’institution, le président de l’Assemblée nationale a dû interrompre les débats. Interruption au cours de laquelle les partisans de cet examen se sont évertués à sensibiliser sur le bien-fondé et le caractère hautement symbolique de leur combat. Estimant que le budget de la présidence et celui de la défense notamment avaient été examinés, ils pensent que le parlement ne peut pas être une forteresse au-dessus de la mêlée.

Aussitôt, ceux qui y étaient opposés ont senti le piège dans lequel ils pourraient se retrouver s’ils persistent dans leur opposition. Aux yeux de l’opinion, on les soupçonnerait de trainer des casseroles. Redoutant cette étiquette pas forcément élogieuse, ils ont cédé, mais à demi-mot. En effet, ils ne cautionnent pas l’examen du budget en plénière. C’est ainsi que d’aucuns ont émis le souhait des commissions restreintes se chargent de l’examen. Tandis que d’autres ont émis l’hypothèse de l’audition de ceux qui ont charge la gestion financière de l’institution, puis la restitution-recoupement  auprès du bureau et à l’intention de l’ensemble des députés. Et c’est finalement, cette approche-là qui a été retenue. En attendant, propose Claude Kory Kondiano, que ceux qui ont la main à la pâte puissent se préparer à cet examen.

Anna Diakité, www.kababachir.com

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