Atermoiements de Rio Tinto : une instabilité juridique ?

« Dès que le président Alpha Condé est arrivé au pouvoir, il a commencé par modifier toutes les règles du jeu en revenant sur le Code minier qui est en vigueur, en le modifiant et en le rendant totalement non attractif aux yeux des investisseurs miniers. En six ans le pays a connu trois Codes miniers. Donc c’est cette instabilité juridique qui a surtout retardé le développement du projet. » C’est ce qui explique, selon Aboubacar Sylla, porte-parole de l’opposition républicaine, le départ des grands investisseurs.

Revenant sur Chinalco, l’opposition républicaine estime que c’est le développement de ce projet qui est en train de nous mettre dans cette situation. De toute évidence, « La cause apparente de la cause du retard de ce projet, on estime que c’est la chute des cours mondiaux du fer qui sont passés de près de 170 dollars la tonne contre 70 dollars la tonne, donc les coûts ont été divisés par trois ou par quatre. Évidemment ça ne peut qu’affecter l’économie de n’importe quel pays, c’est cela la raison. Au-delà de tout, justifie Aboubacar Sylla dans une interview qu’il a accordée à des confrères, ce qui a retardé le projet jusqu’à ce qu’on tombe sur une période de chute des cours, c’est parce qu’il y a eu des tergiversations, des atermoiements de ce Gouvernement. Sinon Rio-Tinto devait lancer ses activités depuis 2011 ou 2012. Au moment où il est prêt à faire des concessions qu’il avait rejetées avant aux investisseurs miniers pour les inciter à démarrer ce projet, malheureusement il se trouve que les cours mondiaux ont entre-temps chuté. Le départ de Rio Tinto résonne donc comme un dommage causé à la Guinée, car dit-on, c’est une opportunité manquée pour  ce pays, parce que ce projet à lui seul était en mesure de doubler notre PIB. L’heure est aujourd’hui à la reconstruction. Mais jusqu’à quand avec ce climat politique qui ne rassure guère ?

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

 

 

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