Attentat dans le Sinaï : la branche égyptienne de Daech, suspect numéro un

Au lendemain de l’attentat dans une mosquée du Sinaï, aucun groupe n’a encore revendiqué cette attaque qui a fait 305 morts. Tous les yeux sont pourtant braqués vers la branche égyptienne de Daech. Citant des témoins, le procureur général égyptien a ainsi indiqué que les assaillants avaient brandi la bannière noire de l’organisation durant l’attaque.

Les djihadistes ont déjà mené plusieurs attentats de ce type dans la région. D’abord sporadiques, ces attaques se sont muées en une véritable insurrection après la destitution par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013. Créé en 2011, Ansar Beit al-Maqdess («Les Partisans de Jérusalem), principal groupe djihadiste opérant à l’époque au Sinaï, s’est d’abord réclamé d’al-Qaïda. Après la proclamation du «califat» en Syrie et en Irak en 2014, il a changé de nom et est devenu Wilayat Sinaï ( «province du Sinaï).

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Pour le moment, ces djihadistes n’ont pas été en mesure de s’emparer de centres urbains dans le Sinaï, comme l’EI a pu le faire en Syrie et en Irak. En juillet 2015, ils avaient tenté de prendre la ville de Cheikh Zouweid avant de reculer face aux F-16 de l’armée égyptienne.

Chrétiens, soufis et bédouins pour cibles

Les combattants se cacheraient dans le désert montagneux au coeur du Sinaï et bénéficieraient d’une certaine liberté de mouvement entre les postes de sécurité de l’armée, loin des grandes routes. Le groupe lance régulièrement des attaques contre les forces de sécurité en ayant recours aux mêmes procédés : bombes en bord de route, tirs de snipers et attaques de checkpoints. Des cellules dormantes mènent également des attentats dans la capitale du nord du Sinaï, Al-Arich, et ailleurs en Egypte.

Ces dernières années, l’EI s’est aussi tourné vers des cibles civiles, attaquant non seulement des chrétiens et des soufis mais aussi des habitants bédouins du Sinaï accusés de collaborer avec l’armée. Selon les autorités, les djihadistes sont bien armés. Ils possèdent des missiles antichars, des mitrailleuses et des explosifs de contrebande venus notamment de Libye.

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Peu d’informations filtrent sur les chefs du groupe et les services de sécurité évitent de divulguer leur identité, sauf pour annoncer leur décès. Dirigeants et combattants seraient en majorité des bédouins et des Egyptiens. Plusieurs Palestiniens de la bande de Gaza auraient également été tués en combattant dans les rangs d’Ansar Beit al-Maqdess.

En 2016, l’armée a annoncé avoir tué le commandant du groupe au Sinaï, Abou Douaa al-Ansari, dans des frappes aériennes. Il se serait d’abord appelé Mohamed Freij, le frère de Tawfiq Freij, fondateur défunt d’Ansar Beit al-Maqdess. L’EI a ensuite confirmé sa mort, assurant l’avoir remplacé par un autre commandant, Abou Hajar al-Hashemi. Un jihadiste capturé a indiqué aux enquêteurs que l’identité du chef du groupe dans le Sinaï était inconnue et que les instructions lui étaient transmises par l’intermédiaire d’un subordonné.

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