ASSASSINAT MOHAMED DIALLO : Ne pas perdre de vue…

Au nombre des mesures préconisées comme nécessaires suite à l’assassinat, le 5 janvier de notre confrère, El hadj Mohamed Diallo, au siège de l’UFDG, on a les appels en faveur de la suspension des activités du parti. D’autres poussant même l’amalgame jusqu’à réclamer que l’agrément, en tant que tel, lui soit retiré. Tout en admettant la colère, la révolte et le choc que suscitent la mort tragique d’El hadj Mohamed Diallo, il convient cependant que tout le monde s’abstienne de se laisser dicter les choses par l’émotion ou de faire en sorte de ne pas se retrouver au milieu de la bataille politico-politicienne qui, par ailleurs détermine, toute cette affaire.

Autant la liberté de la presse est un indicateur de la vitalité d’une démocratie, autant la pluralité politique est une caractéristique essentielle des régimes démocratiques. A priori, toutes les actions envisagées notamment par la presse ont pour finalité ultime la préservation de la démocratie guinéenne, à travers la liberté de la presse qu’il est question de défendre. En conséquence, il est fondamental que la presse qui agit ainsi ne se laisse pas naïvement embarquer dans d’autres qui ont un autre agenda.

Car, il ne faut jamais perdre de vue que la mort d’El hadj Mohamed est la conséquence d’une bataille politique à laquelle le pouvoir de Conakry n’est pas nécessairement étranger. Il serait ici à la fois prétentieux et tendancieux d’aller imaginer que c’est le pouvoir même qui a assassiné notre confrère. Toutefois, c’est un secret de polichinelle que ce qui arrive aujourd’hui à l’UFDG est du pain béni pour Sekhoutouréya. On peut donc s’attendre à ce qu’il veuille bien profiter de la situation, en utilisant cependant le bras armé du pouvoir.

Ce que les journalistes guinéens devraient absolument refuser. Ils doivent se battre pour que l’auteur du tir qui a tué Elhadj Mohamed soit retrouvé, quel que soit son bord politique. Ils doivent par les actes et les propos faire comprendre à l’UFDG et à ses leaders (toutes tendances confondues) qu’il est nécessaire qu’elle éduque davantage ses militants. Par contre, ils doivent savoir identifier les manœuvres visant à passer par le deuil et l’affliction qui sont actuellement les leurs pour s’en prendre à un adversaire politique. Car le résultat qui en sortira serait contraire à celui qu’ils cherchent à obtenir.

Anna Diakité, www.kababachir.com

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