Audit du fichier électoral : l’appel d’offres lancé, et après ?

La CENI est à la recherche d’un ‘’Cabinet international pour l’audit du fichier électoral biométrique de la République de Guinée en prélude à l’organisation des prochaines élections nationales’’. L’appel d’offres a été lancé ces derniers jours. Et l’ouverture des plis est programmée pour le 14 novembre, à Conakry. L’audit prendra 3 mois.

Ce cabinet aura pour mission essentielle d’identifier les forces et les faiblesses du fichier électoral, du système et des procédures d’enrôlement. Il sera aussi question de formuler des mesures correctives pour assurer des élections nationales saines et sans fioritures. Pour en arriver-là, il aura fallu des morts d’hommes sur l’asphalte, suite aux marches pacifiques de l’opposition républicaine. Une opposition qui n’exige que le respect des accords signés dont l’audit du fichier électoral. Dalein Diallo et Cie sont soulagés même si la date du début février leur semble éloignée. Mais de guerre lasse, ils vont devoir s’en tenir à celle-là, ne serait-ce que pour épargner des vies humaines que le pouvoir de Conakry abrège à chaque marche politique.

En lançant ainsi l’appel d’offres pour le recrutement d’un cabinet d’experts, la CENI nouvelle version – version Amadou Kébé – entend trancher avec de longues années de crises entretenues par Bakary Fofana. Mépris d’un côté, arrogance et soutien de l’autre, cet ancien président de la CENI avait fini par corser les rapports avec l’opposition républicaine. Une histoire ancienne pourrait-on désormais dire, au regard des engagements pris par la nouvelle équipe dirigeante. L’opposition n’évoque plus le fichier électoral en annonçant des marches, mais elle manifeste contre l’impunité, entre autres.

Il reste que le président Condé menace de répliquer contre toutes autres attaques émanant de ces opposants.Au motif que : « On s’est tus pendant longtemps, mais le moment est venu de parler pour montrer qui est qui. (…) Le moment est venu de dire au peuple ce qu’ils ont fait quand ils étaient au gouvernement (NDLR, les anciens Premiers ministres) ». Alpha Condé dont la gouvernance hasardeuse est sans cesse dénoncée, clouée au pilori, etc., en a « marre que les gens parlent alors qu’ils ont été dirigeants dans ce pays-là et on a vu ce qu’ils ont fait. Alors, il faut que la jeunesse sache la vérité. Ils ont été au gouvernement. (…), le président Lansana Conté n’a aucune responsabilité dans le retard de la Guinée ».

 

Une crispation du climat politique n’est pas loin.

 

Jeanne Fofana, Kababachir.com

 

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