Bah Oury, leader sans attaches?

 Il y a quelques semaines, les propos de Bah Oury, charismatique vice-président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), suscitaient quasi-instantement des commentaires et des réactions. Mais depuis que l’émotion liée au meurtre de Mamadou Koula Diallo s’est estompée, Bah Oury n’incarne plus le leadership et l’aura qui étaient les siens. Il est même en passe de rétrograder dans la catégorie des leaders de seconde zone, se contentant de commentaires à la fois lapidaires et inaudibles par rapport à tel ou tel acte public. En fait, en provocant son exclusion de l’UFDG, il s’est privé de légitimité et de tribune. Vu qu’il n’a pas encore formalisé son intégration dans un autre parti politique, il est un simple citoyen dont les avis n’ont qu’un poids relatif aux yeux de l’opinion publique.
Finalement, sa fronde lui est plus préjudiciable qu’il ne l’avait envisagé. Naturellement, il ne l’avouera jamais. Mais il est évident que Bah Oury n’a plus son charisme et son autorité légendaires. Il n’est plus que l’ombre de ce qu’il a été et ne vit plus que par le biais de sorties médiatiques qui, elles-mêmes, se raréfient de plus en plus. En raison du caractère tragique des derniers affrontements internes à l’UFDG auxquels il était associé, il ne peut plus s’autoriser des actions d’éclat. Son sort au sein du parti dont il est fondateur ne tient plus qu’à une procédure judiciaire dont l’issue, elle-même, n’est pas certaine.
En attendant, contrairement à ce qu’il prétend, il s’éteint à petit feu. Il misait tout sur ses dernières rencontres avec Alpha Condé en France. Mais au stade actuel, il semble davantage incarner la victime de ces retrouvailles. Cependant, il n’est pas certain que le chef de l’Etat lui ait consciemment tendu un piège. Mais en cédant à sa personnalité sulfureuse, il pourrait avoir contraint le président de la République à se montrer réaliste. Car même si Alpha Condé brûle d’envie d’enterrer l’UFDG, il a conscience qu’il ne peut le faire de manière brusque et flagrante. Affaiblir le parti de Cellou Dalein est envisageable de la part du président Alpha Condé. Mais le supprimer ne lui est d’aucune utilité aussi bien du point de vue de son image, que de celui de la stabilité politique du pays. Et de sa part, il est moins risqué de laisser Bah Oury se sortir du pétrin.
Alpha Saliou Sow, www.kababachir.com

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