Bah Oury-Thiâ’nghel : une paix des braves est-elle possible ?

« Je remercie Dieu d’être encore en vie et d’avoir la tête haute malgré tout ce qui s’est passé. Je souhaite bon retour à M. Thiâ’nghel au bercail. Je n’ai aucune dent contre qui que ce soit. Ce qui est important, en des circonstances particulières, que la vraie justice puisse se faire. » Bah Oury semble passer l’éponge sur ses inimitiés avec SoulayThiâ’nghel, longtemps nourries par des démêlées judiciaires et des règlements de comptes entre membres de la même famille politique.

Bah Oury, gracié par Alpha Condé au nom d’un deal selon lequel, le vice-président devrait éteindre Dalein et ses lieutenants dont SoulayThiâ’nghel, alors M. Com de l’UFDG. Sauf que le deal avec Alpha a pris court. Bah Oury s’en va mais le parti a résisté, en dépit des toute la compromission voulue le paria. Aujourd’hui, « le plus important pour c’est de regarder vers l’avenir pour participer à construire un pays havre de paix et de réconciliation pour sortir des impasses dans lesquelles on a été plongée. C’est mon souhait. Je souhaite bon retour à monsieur Thiâ’ghel dans son foyer, je lui souhaite de se reconstruire dans de meilleures conditions, dans l’intérêt de sa personne et de sa famille », a déclaré Bah Oury chez nos confrères d’Africa Guinée.

On s’achemine donc vers la paix des braves. En attendant, il y a lieu de rappeler que le dimanche 24 janvier 2016, Bah Oury, à l’époque vice-président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée rentre d’exil de la France dans un climat tendu entre lui et la Direction nationale de l’UFDG. Condamné par contumace dans l’affaire de l’attaque du 19 juillet, il a passé presque cinq années dans l’hexagone avant d’être gracié par Alpha Condé. Malgré son exclusion, l’ancien banquier rentré d’exil tient coûte que coûte à participer à la réunion du bureau exécutif de l’UFDG qui se tenait dans l’après-midi du 5 février 2016. La suite ? Il a été bloqué net, puis s’en suit un désordre qui s’est soldé par la mort du journaliste Elhadj Mohamed Koula Diallo venu couvrir cet évènement fauché par une balle tirée devant le siège de l’UFDG.

Ayant provoqué le drame, Bah Oury prétend être la victime dans cette affaire de meurtre, en déclarant que la balle fatidique qui a touché Koula Diallo lui était destinée. Ainsi, très vite, Bah Oury, alors sûr de ses appuis d’Alpha Condé a cité les noms de plusieurs responsables de l’UFDG pour leur prétendue implication dans ce dossier. Parmi les noms cités, figurent  un certain Thianguel. Tout au long de la procédure, jamais le nom Souleymane Bah n’a été évoqué. Il n’a jamais été ni convoqué, ni entendu par un officier de police judicaire ou par un juge d’instruction dans cette affaire avant son inculpation.

Le 9 janvier, le M. Com de l’UFDG est malgré tout  à la réclusion criminelle à perpétuité dans le procès de l’assassinat du journaliste Mohamed Koula Diallo. « Bah Oury a été celui qui pour la première fois a porté publiquement cette accusation contre moi dans une émission en mentionnant clairement que, je cite: ‘’Souleymane Bah dit Thianguel est inculpé de complicité d’assassinat et de complicité de tentative d’assassinat ». Et comme tout le monde le sait, pendant deux ans, je suis devenu son punching-ball médiatique. À chacun de ses passages dans un média, il n’a pas cessé de s’acharner contre moi », expliquait l’intéressé.

N’ayant pas pu trouver gain de cause, Bah Oury saisit la Justice : « Souleymane Bah Thiaguel, le responsable communication de CellouDalein Diallo est inculpé de complicité d’assassinat et de tentative d’assassinat. Il a été convoqué par les enquêteurs de la Brigade des investigations criminelles de la gendarmerie ces dernières semaines. Il a systématiquement refusé de se présenter et depuis lors il a pris la fuite afin de se soustraire aux questions des gendarmes. Il avait auparavant publiquement déclaré  » qu’il ne sera pas seul à aller en prison !  » s’adressant ainsi à d’autres proches collaborateurs de CellouDalein Diallo.

Conclusion : « Je suis effaré de constater que M. Souleymane BahThiaguel a bénéficié d’une large mansuétude de la part des autorités judiciaires ce qui, lui a permis de préparer en toute tranquillité sa fuite. D’ailleurs le parquet général ne s’était pas gêné d’organiser au courant du mois de juin une conférence de presse pour « tenter de ridiculiser » l’ordonnance du juge d’instruction M. Mamady Diawara. Aujourd’hui, beaucoup a coulé sous les ponts. Bah Oury et son ennemi d’hier sont à Conakry, chacun ayant bénéficié des soins d’Alpha Condé, avec des deals certainement différents et des circonstances différentes. Les écarts de langage d’hier entre exilés graciés semblent être bannis.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.