Brexit : le Royaume-Uni survivrait sans accord commercial avec l’UE, juge l’OMC

Les discussions s’éternisent entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE). Principal point d’achoppement : les négociations autour d’un accord commercial. Mais à en croire l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’absence d’un tel accord ne serait « pas la fin du monde » pour le royaume de Sa Majesté, même si cela pourrait entraîner « des rigidités et des coûts » pour le pays.

Sans accord commercial au moment de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, celui-ci se verrait appliquer les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), c’est-à-dire des barrières douanières et tarifaires. « Environ la moitié du commerce du Royaume-Uni est déjà soumise aux règles de l’OMC – avec les États-Unis, la Chine et plusieurs grands pays émergents où l’UE ne dispose pas d’accords commerciaux », déclare Robert Azevedo, patron de l’OMC, dans un entretien accordé au journal britannique The Sunday Telegraph.

Le Royaume-Uni a prévu de quitter le marché unique européen et l’Union douanière en se retirant de l’UE le 29 mars 2019, tout en espérant pouvoir conclure d’ici là un accord de libre-échange avec Bruxelles. Mais l’UE refuse d’entamer des négociations sur sa future relation commerciale avec le Royaume-Uni sans accord préalable sur trois dossiers qu’elle juge prioritaires, dont la facture du divorce et la frontière entre les deux Irlandes, alimentant l’hypothèse de la possibilité d’une absence d’accord.


Ce n’est pas comme si le commerce entre le Royaume-Uni et l’UE allait s’arrêter

« Si vous ne disposiez pas d’un accord de libre-échange totalement fonctionnel avec l’UE, il pourrait y avoir des rigidités et des coûts – mais ce n’est pas comme si le commerce entre le Royaume-Uni et l’UE allait s’arrêter. Il y aura un impact, mais je suppose qu’il est parfaitement gérable », estime Robert Azevedo. Avant le référendum britannique du 23 juin 2016 en faveur du Brexit, le patron de l’OMC avait averti qu’une sortie de l’UE risquait d’entraîner pour les exportateurs britanniques 5,6 milliards de livres par an de droits de douane supplémentaires.

Il avait également prévu que Londres devrait négocier de nouveaux accords commerciaux avec les 58 pays liés au bloc européen par un accord de libre-échange. « Bien sûr, nous préférerions conclure un accord avec l’Union européenne mais nous ne craignons pas de ne pas en avoir », a déclaré sur la chaîne de télévision Sky News le ministre britannique du Commerce, Liam Fox.

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