Burkina Faso : les raisons d’un coup d’Etat avorté

« Les Burkinabés sortent d’une semaine de cauchemar », écrit « Le Pays », un quotidien de Ouagadougou. Une semaine après avoir été renversé par un coup d’Etat, le président Michel Kafando, chargé d’assurer la transition jusqu’aux élections du 11 octobre, a repris mercredi les rênes du pouvoir. Quant au chef des putschistes, le général Gilbert Diendéré, un proche du président déchu Blaise Compaoré, il a déclaré : « Le putsch est terminé. On n’en parle plus. » Et il a reconnu avoir eu tort. Pour le journal, il est désormais nécessaire de prendre des mesures pour qu’une telle situation ne se reproduise plus.

Pour « Le Pays », « le putsch orchestré par le régiment de sécurité présidentielle [RSP] offre au Burkina l’occasion de solder ses comptes pour de bon avec ce régiment ainsi qu’avec le système Compaoré. » Car le RSP – l’ex- garde prétorienne de l’ancien président qui voulait se maintenir coûte que coûte au pouvoir avant d’être renversé l’année dernière par des manifestations – est associé « aux crimes les plus odieux et les plus emblématiques » du Burkina.

Dans un article récent, le journal avait d’ailleurs noté que le putsch du 17 septembre avait eu lieu la veille de la remise d’un rapport sur la mort du « chef de la révolution burkinabée », Thomas Sankara, assassiné en octobre 1987. « A ce que l’on dit, le général Diendéré serait impliqué dans cette affaire », écrivait le journal, qui le suspecte d’avoir « instrumentalisé le RSP pour se garantir une impunité ».

En revanche, les raisons avancées par les putschistes, comme la défense de la démocratie, étaient « ubuesques », d’après le journal. Il est vrai que le coup de force militaire avait fait aussi l’unanimité contre lui.

 J. H.-R.

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