Ce qu’Idriss Déby disait de la longévité au pouvoir…

Idriss Déby s’en est allé pour toujours. En 2019, lorsque JA lui avait demandé si la longévité au pouvoir est-elle une bonne ou une mauvaise chose, le despote répondait :

Extrait : C’est une mauvaise chose pour un pays stable. Et parfois, quand un pays a des problèmes, c’est une bonne chose. J’avais promis, lorsque j’étais encore soldat, de ne faire que deux mandats. En 2006, je ne voulais pas me représenter. Mais il y a eu la rébellion et je ne pouvais pas laisser le pays dans le désordre et le chaos. Il fallait gérer cette guerre construite depuis le Soudan par Omar ­el-Béchir. Ensuite, en 2011, il y a eu la menace venue de Libye et, en 2016, la Centrafrique, BokoHaram et, toujours, la Libye. Chaque fois, cela aurait été irresponsable de partir et d’ouvrir la porte à une guerre civile. Trente ans, c’est long, mais j’ai une responsabilité face à l’Histoire. » Un de ses opposants qui fut d’ailleurs un des anciens Premiers ministres estime que c’est absolument faux ce qu’insinuait le Maréchal Itno.

Selon Albert PahimiPadacké « Le Tchad fait face aux terroristes jihadistes aujourd’hui et il continuera à le faire demain. Avec ou sans Idriss DébyItno, notre politique en la matière ne changera pas. Elle n’est absolument pas révisable. Nous nous battons pour la communauté internationale, mais aussi pour nous-mêmes. Si le Tchad n’avait pas tenu cette position, les jihadistes seraient peut-être aujourd’hui dans la zone de l’équateur. L’exploitation de cette situation par Idriss DébyItno est de bonne guerre, dans sa volonté de conserver le pouvoir. En revanche, l’attitude de la communauté internationale, et surtout de la France, pose question. »

Et d’ajouter : « Croire que, sans Idriss DébyItno, la lutte des Tchadiens contre le terrorisme s’arrêterait est aberrant. De plus, c’est une vision à court terme. Comme nous tous, le maréchal DébyItno est mortel. Il finira par disparaître. Pour une puissance comme la France, miser sur un individu seul et en faire le pilier de sa stratégie contre le terrorisme me semble une erreur majeure. La France doit comprendre que le Tchad poursuivra la lutte et que notre pays n’est pas une garnison militaire. Il y a aussi ici des gens qui vivent et qui aspirent à la justice et au développement. Ignorer les populations au profit d’un seul homme n’est jamais bon. »

Pourtant, Deby disait également : « À 70 ans, je ne sais pas combien de temps j’ai devant moi. J’aurais aimé partir, me reposer, mieux connaître mes enfants et mes petits-enfants. »

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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