Cellou, Sidya et Kouyaté à Paris : L’opposition est-elle en panne de stratégie ?

 Après l’annonce de la suspension de sa participation aux travaux de l’Assemblée nationale et son rejet du chronogramme des élections et de la CENI, l’opposition guinéenne est la recherche des voies et moyens pour empêcher la tenue de la présidentielle avant les élections locales. Et pour y arriver, les ténors de l’opposition comptent se retrouver à Paris dès cette semaine pour non seulement harmoniser leur position face au nouveau contexte politique et utiliser leurs talents diplomatiques pour mettre pression sur le pouvoir de Conakry. Au delà des mesures annoncées par les opposants, qui suspendent déjà leur participation à l’Assemblée nationale, et qui disent ne plus reconnaitre la CENI, comme organe chargé de la gestion des élections, et les délégations spéciales, apparemment l’opposition veut impliquer la communauté internationale dans la gestion de la crise, à 7 mois de la présidentielle. En tout cas, la rencontre à Paris des ténors de l’opposition, suscite des interrogations, sachant bien que lors de la crise de 2013, il a fallu une retrouvaille à Paris des opposants d’Alpha Condé, qui ont fait appelle à l’Elysée d’intervenir, pour renouer le fil du dialogue et permettre la tenue des élections législatives dans un délai raisonnable. Est-ce que c’est le cas ? Même s’il est difficile de l’affirmer, force est de constater que l’implication de la communauté internationale, en particulier, l’ancienne Métropole a toujours porté ses fruits et peut permettre de désamorcer la crise. La présence de Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et Lansana Kouayaté à Paris, tous anciens Premiers ministres de Lansana Conté devenus opposants du régime actuel, va-t-elle permettre de trouver une nouvelle stratégie ? Les mesures annoncées par les opposants qui, au delà des manifestations publiques et de la suspension de leur participation à l’Assemblée nationale, ont promis d’installer leurs députés uninominaux à la tête des Mairies, suffisent-elles pour renouer le fil du dialogue et désamorcer la crise ? Quelle marge de marge de manœuvre dispose aujourd’hui les opposants pour empêcher la tenue de la présidentielle avant les communales ? Toutes ces questions méritent d’attirer l’attention des guinéens pour un dénouement heureux de la crise.

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

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