Cette incohérence payante de Papa Koly Kourouma

En septembre 2017Papa Koly Kourouma a justifié la sortie des opposants : « Cette marche est opportune dans la mesure où il s’agit d’une expression de notre ras-le-bol face au refus systématique du gouvernement d’organiser les élections communales. »

Il était encore tout feu, tout flamme auprès de Dalein. Décembre 2018, le même PKK affirmait : « Beaucoup de gens se sont posés la question de savoir est-ce que je suis toujours membre de l’opposition républicaine malgré… Alors, aujourd’hui, c’est pour vous dire que je suis de retour ; et, on vient de participer à la manifestation programmée par l’opposition républicaine. »

Il avait promis : « L’opposition est aujourd’hui plus déterminée qu’hier à continuer les manifestations tant qu’une petite parcelle de nos libertés sera encore piétinée. L’opposition va se retrouver les jours à venir pour essayer d’adapter sa stratégie aux nouvelles donnes. Et, soyez rassurés que la lutte continue. » Et soudain, le même PKK tranche dans le vif : « Je pense qu’aujourd’hui, qu’il est plus urgent et sage de surseoir aux marches et de privilégier d’autres moyens de protestation contre la confiscation de nos droits légitimes et constitutionnels. »

Comme si cela ne suffisait pas pour confirmer une prise de distances et donc démontrer une envie de repartir à la mouvance, PKK parle au nom de la Justice, suite au raid contre le véhicule de Dalein Diallo en février dernier : « Attenter à sa vie, ça peut ne pas être le pouvoir. Dans toute chose, il y a des zélés (…). Il y en a qui font toujours un peu de trop. Ça m’étonnerait que des agents reçoivent une injonction express du pouvoir pour attenter à la vie du chef de file de l’opposition. » Cette sortie était compréhensible surtout que, des semaines plus tôt, une rumeur – qui s’est d’ailleurs avérée récemment –faisait état d’un rapprochement avec le pouvoir. PKK nie : « Moi, je ne réponds pas aux rumeurs. La preuve est qu’on m’a détecté à N’Zérékoré. On a pensé que j’étais à N’Zérékoré. Toutes les rumeurs ont dit que j’étais à N’Zérékoré. Mais j’étais tranquillement à Conakry ici. Donc, ça devait vous dire vous-même qu’il n’y a rien de consistant.On peut tout fabriquer et tout dire là-bas mais moi j’étais à Conakry. Mais comme je n’ai pas encore ce don d’ubiquité d’être à la fois à Conakry et à N’zérékoré, je ne peux me prêter à cette question. »

Une incohérence tout de même payante. C’est ainsi qu’il refuse de comprendre qu’il ait trahi l’opposition : « Je ne pense pas avoir trahi quelqu’un.  Trahir quelqu’un c’est de ne pas assumer ses engagements. Mais je ne pense pas avoir pris un engagement avec nos pairs de l’opposition. Nous avons partagé la même plateforme en étant tous de l’opposition, nous avons décidé de mutualiser nos forces pour pouvoir mener nos revendications. C’est ça l’objet de cette plateforme de l’opposition républicaine qui n’est pas un parti au sein duquel on a adhéré. Je ne pense que cela soit une trahison. Avec nos amis de l’opposition républicaine, nous sommes parvenus à transcender nos divergences, notamment le grand frère Aliou Condé, nous avons discuté, nous sommes parvenus à un accord et puis c’est fini. Mais qu’il y ait eu cet incident ou pas, on était sur le point de partir. »

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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